L'âge des miracles

de Karen Thompson Walker

Quatrième de couverture


Et si nos journées commençaient à s'allonger, d'abord de quelques minutes, puis de plusieurs heures, jusqu'à ce que le jour devienne la nuit et la nuit le jour ? Une journée d'octobre apparemment comme les autres, l'humanité découvre avec stupeur que la rotation de la Terre a ralenti. Les jours atteignent progressivement 26, 28 puis 30 heures. Tandis que certains voient dans ce changement inexpliqué un signe que la fin est proche et cèdent à la panique, d'autres, au contraire, s'accrochent coûte que coûte à leur routine, comme pour nier l'évidence. Bientôt, la gravité est modifiée et certaines personnes sont touchées par un syndrome provoquant des malaises à répétition, les oiseaux sont désorientés et s'écrasent, les marées se dérèglent et les baleines s'échouent... En Californie, Julia est le témoin de ce bouleversement, et de ses conséquences sur la communauté, sa famille, et elle-même. Adolescente à fleur de peau, elle entre dans l'âge où son corps, son rapport aux autres et sa vision du monde changent : l'âge des miracles.

Le sentiment d'Aristide


Je ne suis généralement pas très fan de tout ce qui relève de la littérature jeunesse, et L'âge des miracles ne fait pas exception à la règle. Je l'ai lu parce qu'il s'agissait de la lecture commune du mois d'octobre sur l'Imag'In Café, mais on ne peut vraiment pas dire que j'ai adoré. Pourquoi ? Essentiellement parce qu'on suit l'histoire au travers des yeux d'une jeune fille de douze ans, dont les préoccupations sont, et c'est bien normal, très éloignées de la femme de quarante piges que je suis !

Le quatrième de couverture m'avait intriguée, pourtant, cette histoire de journées qui s'allongent et tous les bouleversements que cela peut entraîner... Tous ces aspects concernant la vie après le ralentissement de la rotation de la Terre m'ont grandement intéressée. J'ai beaucoup aimé le parallèle entre ceux qui acceptent de vivre selon les nouvelles lois de la nature, et ceux qui s'y refusent, ainsi que la défiance qui va naître entre ces deux factions. En revanche, tout ce qui concerne Julia elle-même, ses parents, son amourette, tout cela m'a ennuyée au plus haut point.

J'imagine pourtant que les relations préalablement établies entre les gens doivent sacrément évoluer dans ce genre de circonstances, mais en dehors des réactions de la mère de Julia, qui ont quand même réussi à trouver un écho en moi, les autres ne m'ont guère convaincue. Les choses évoluent lentement, trop peut-être, jusqu'à ce moment, une dizaine d'années plus tard, où Julia nous raconte son histoire. Et rien n'est réellement résolu alors, ni dans un sens ni dans l'autre, ça a fini de me frustrer ! Tout comme les remarques qui laissent entrevoir la manière dont les choses vont tourner, d'ailleurs.

Du bon et du mauvais donc, mais une lecture qui ne restera sans doute pas très longtemps dans ma mémoire !

Pour plus d'informations


Nombre de pages : 244
Cycle : Aucun
Éditeur : Presses de la Cité
Année de parution : 2012
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥

La stratégie Ender

de Orson Scott Card

Quatrième de couverture


Il y a cinquante ans, la flotte terrienne a réussi à repousser l'attaque des doryphores... Aujourd'hui pourtant, une nouvelle invasion menace. Un programme militaire pour la formation des futurs commandants de la flotte est en cours, mais le temps est compté. Parmi les élèves-officiers — tous des surdoués —, Andrew Wiggin, dit Ender, focalise toutes les attentions. Appelé à devenir un puissant Stratège, il est le jouet des manipulations de ses supérieurs depuis sa naissance... et cela le dépasse. Car c'est entre ses mains que repose le sort de l'humanité. Et Ender n'a que six ans.

Le sentiment d'Aristide


La fin justifie les moyens... Telle pourrait être la maxime qui est au cœur de ce roman de Orson Scott Card, que j'ai reçu dans le cadre de la dernière Masse Critique de Babelio. C'était mon tout premier voyage en compagnie de cet auteur, et j'ai absolument adoré ! Pas d'entrée en matière à rallonge, on est très rapidement plongé au cœur de l'histoire de cet enfant pas comme les autres qu'est Ender.

Premier point fort, le personnage principal : Andrew Wiggin, dit Ender, 6 ans au début du roman. J'ai été extrêmement touchée par ce petit garçon esseulé et manipulé à l'extrême, dont le cerveau sur-développé le pousse sans cesse à se poser toujours plus de questions sur les raisons qu'ont les autres d'agir de telle ou telle manière avec lui, ou sur ses propres réactions face aux situations difficiles auxquelles il est confronté. J'ai lu pas mal de critiques sur le postulat de départ de cet ouvrage : Ender n'a que six ans et il a les réactions d'un jeune homme beaucoup plus âgé. Personnellement ça ne m'a pas choquée, dans le sens où il est clairement établi que l'école de guerre ne prend que des enfants surdoués, d'une part, et que chez les Wiggin, l'intelligence semble être une affaire de famille !

La science-fiction est omniprésente dans cet ouvrage, que j'ai trouvé extrêmement moderne bien qu'il date des années 80. En effet, notre histoire se déroule alors que l'humanité est en guère contre une race extraterrestre proche des insectes, elle forme ses futurs chefs militaires à grands coups de simulations : reproduction des conditions d'apesanteur de l'espace dans des salles dédiées, étude de stratégies de combat à l'aide de simulations vidéos... La narration choisie par l'auteur colle parfaitement à l'état d'esprit de son héros. On assiste aux séances d'entraînement de Ender, et des chapitres entiers dédiés à des batailles entre armées se succèdent, parfois un peu lassants pour nous, lecteurs. Mais c'est à l'image de la lassitude de notre jeune héros, qui finit par être totalement obsédé par le jeu, jusqu'à ce qu'il s'aperçoive que les dés sont pipés et décide brusquement de cesser de lutter... Mais à chaque fois, ses maîtres trouvent le moyen de réactiver sa détermination, ils trouvent LA cause qui vaut tous les efforts qu'on lui demande, et par là même le rebondissement qui relance notre intérêt.

On ne sort pas indemne d'une telle lecture. Comment ne pas se poser des tas de questions d'ordre moral ou éthique ? La fin justifie-t-elle réellement les moyens ? Jusqu'où un homme, un enfant en l'occurrence, peut-il s'adapter, encaisser tout ce qu'on lui fait subir, avant de craquer complètement et de devenir un légume ? La violence n'appelle-t-elle pas inutilement la violence ? Quant à la fin, je ne l'ai pas vue venir une seule seconde ! J'ai grandement apprécié à la fois la surprise que l'auteur me réservait, et le côté humaniste qu'il développait. Une magnifique découverte...


Que vous aimiez Yasmina Khadra ou Musso, Peter Watson ou Astérix, Babelio vous invite toute l’année à découvrir des critiques littéraires ou des avis de lecteurs en allant sur Babelio.com.

Pour plus d'informations


Nombre de pages : 380
Cycle : Le cycle d'Ender, tome 1
Éditeur : J'ai Lu
Année de parution : 2013
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Inferno

de Dan Brown

Quatrième de couverture


C’est l’une des plus grandioses œuvres de la littérature italienne, L’Enfer de Dante, qui est le fil conducteur de cette nouvelle aventure. En Italie, plongé dans une atmosphère aussi opaque que mystérieuse, le héros de Dan Brown, Robert Langdon, professeur de symbologie à Harvard, va devoir affronter un adversaire diabolique sorti des limbes de l’Enfer et déchiffrer l’énigme la plus complexe de sa carrière. Elle le fait plonger dans un monde où l’art et la science de pointe tissent un écheveau qui exige de sa part toute son érudition et son courage pour le démêler. S’inspirant du poème épique de Dante, Langdon se lance dans une course contre la montre pour trouver des réponses et découvrir en traversant les Cercles de l’Enfer ceux qui détiennent la vérité… avant que le monde ne soit irrévocablement changé.

Le sentiment d'Aristide


J'ai achevé Le symbole perdu tout récemment, et ayant beaucoup aimé les précédentes histoires du célèbre professeur Robert Langdon, c’est avec enthousiasme que je me suis lancée dans ce nouvel opus ! Je n’aurais peut-être pas dû, ou en tous cas pas tout de suite…

Inferno, comme ses prédécesseurs, nous propose une formidable visite de la ville de Florence, de ses monuments et de ses œuvres d’art. Les références littéraires, historiques et religieuses y sont nombreuses, et c’est clairement l’un des aspects de l’œuvre de Dan Brown que j’apprécie. A condition quand même qu’il soit accompagné d’une intrigue qui tienne la route, dynamique et pleine d’énigmes. De ce côté-là, on est servi, le rythme de l’enquête est trépidant et j’ai appris beaucoup de choses. Et puis j’ai bien aimé le thème de L’Enfer de Dante.

Malheureusement, quand on enchaîne les Dan Brown comme je l’ai fait, on s’aperçoit rapidement que la trame de ses récits est un peu toujours la même. Ce sont encore les mêmes ficelles qui sont utilisées, et cette espèce de course poursuite effrénée qui préside systématiquement aux aventures de Robert Langdon finit par devenir difficilement crédible. Sans parler de la jolie femme qui vient toujours épauler notre symboliste, lui-même assez prévisible !

En somme, aucune prise de risque et c’est bien ce qui m’a gênée. Les recherches ont dû être nombreuses, je n’en doute pas une seconde, c’est très bien documenté, mais ça ne suffit pas à faire un bon livre, surtout quand on utilise le même moule pour la quatrième fois. Une déception, pour un ouvrage qui ne mérite pas, à mes yeux, le buzz qu’il a déclenché.

Pour plus d'informations


Nombre de pages : 565
Cycle : Saga Robert Langdon, tome 4
Éditeur : JC Lattès
Année de parution : 2013
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥

Thérapie

de Sebastian Fitzek

Quatrième de couverture


Josy, la fille du psychanalyste Viktor Larenz, souffre d'une maladie inconnue et disparaît mystérieusement. Quatre ans ont passé, Larenz s'est retiré sur une île au nord de l'Allemagne et reçoit la visite d'une romancière qui souffre d'une forme rare de schizophrénie : les personnages qu'elle invente prennent vie et son dernier roman ressemble étrangement à l'histoire de Josy...

Le sentiment d'Aristide


Lecture commune organisée par l’ImagIn Café au moins de juillet dernier, Thérapie est un thriller de Sebastian Fitzek, auteur que je découvre pour l’occasion. Pour être parfaitement honnête, ce n’est pas le roman de mon été, encore moins celui de mon année. Sous couvert de maladie mentale, l’auteur se permet certaines facilités qui laissent une impression de tricherie un peu désagréable. Et à partir du moment où l’on se met à échafauder des hypothèses, on tombe juste à tous les coups. Ça pour moi, c’est le plus embêtant.

Je lis régulièrement des thrillers, je suis fan de Maxime Chattam et cela se sait. Comme il faut bien reconnaître qu’il met la barre très haute en termes de thrillers, j’ai des attentes assez élevées, notamment en ce qui concerne la cohérence des choses, l’habileté avec laquelle l’intrigue est ficelée, les explications finales et le dénouement. Chez Fitzek, ou en tous cas dans ce roman en particulier, tout cela pêche un peu. Les ficelles employées sont énormes, et on devine très rapidement où l’auteur veut en venir. Quant au retournement de situation final, invraisemblable…

Malgré tout, j’ai été sensible à l’atmosphère qui se dégage de ce livre, assez semblable à celle d’un huis clos. L’auteur joue habilement avec nos nerfs, il est très doué pour faire monter l’angoisse comme une bonne mayonnaise maison ! Parce que finalement, même si on se doute très vite du pourquoi du comment, on se surprend néanmoins à tourner les pages sans pouvoir s'arrêter. Le genre de livre totalement addictif même si on est parfaitement conscient des défauts.

Disons que pour un coup d'essai, c'était quand même pas mal ! Une lecture commune avec : Kahlan & Gabrielle.

Pour plus d'informations


Nombre de pages : 311
Cycle : Aucun
Éditeur : Le Livre de Poche
Année de parution : 2009
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥

Le symbole perdu

de Dan Brown

Quatrième de couverture


Robert Langdon, professeur en symbologie, est convoqué d’urgence par son ami Peter Solomon, philanthrope et maçon de haut-grade, pour une conférence à donner le soir même. En rejoignant la rotonde du Capitole, il fait une macabre découverte. Ce sera le premier indice d’une quête haletante, des sous-sols de la Bibliothèque du Congrès aux temples maçonniques, à la recherche du secret le mieux gardé de la franc-maçonnerie. Une aventure où s’affrontent les traditions ésotériques et la formidable intelligence de Robert Langdon.

Le sentiment d'Aristide


Après Rome et Paris, c’est cette fois-ci vers Washington que s’envole l’historien Robert Langdon pour une intrigue entre fiction et réalité, à nouveau tellement bien ficelée qu’elle en est forcément jouissive. Dan Brown est un auteur qui, sans faire de la grande littérature, sait documenter ses ouvrages et mener ses lecteurs par le bout du nez. Le symbole perdu n’échappe pas à cette règle, efficace, addictif.

Avec un sujet aussi sensible que celui de la Franc-Maçonnerie, et après le succès des précédentes aventures de Robert Langdon, Dan Brown était attendu au tournant. C’est peut-être ce qui explique le temps qu’il a mis à écrire ce roman, prévu en 2006 et finalement paru en version originale en 2009. La documentation accumulée ici est impressionnante, on en apprend beaucoup sur les rituels d’initiation et les règles strictes de cette organisation. C’est juste passionnant, à mes yeux en tous cas !

J’ai également fort apprécié de retrouver l’habileté avec laquelle Dan Brown mêle la fiction – la science-fiction même, parfois – à la réalité ; son sens du détail, lorsqu’il nous fait découvrir les entrailles du Capitole ; l’attachement qu’il porte, de toute évidence, à son personnage central. A priori, pas mal de gens ont été déçus par cet ouvrage, mais je n’ai pas du tout envie de comparer ce troisième tome aux deux précédents. Il leur est fort semblable et en même temps, c’est une ressemblance qu’on aime retrouver.

Une lecture divertissante et agréable, au rythme trépidant, des énigmes bien préparées, un genre dans lequel Dan Brown excelle et que j’ai pris plaisir à retrouver.

Pour plus d'informations


Nombre de pages : 724
Cycle : Saga Robert Langdon, tome 3
Éditeur : Le Livre de Poche
Année de parution : 2011
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥

Le livre perdu des sortilèges

de Deborah Harkness

Quatrième de couverture


Diana Bishop est la dernière d'une longue lignée de sorcières, mais elle a renoncé depuis longtemps à son héritage familial pour privilégier ses recherches universitaires, une vie simple et ordinaire. Jusqu'au jour où elle emprunte un manuscrit alchimique : L'Ashmole 782. Elle ignore alors qu'elle vient de réveiller un ancien et terrible secret, et que tous - démons, sorcières et vampires - le convoitent ardemment. Parmi eux, Matthew Clairmont, un vampire aussi redoutable qu'énigmatique. Un tueur, lui a-t-on dit. Diana se retrouve très vite au coeur de la tourmente, entre un manuscrit maudit et un amour impossible.

Le sentiment d'Aristide


Deborah Harkness est professeur d’histoire à l’université, il était donc assez logique que son premier roman, Le livre perdu des sortilèges, soit étayé de nombreuses références historiques, et c’est avant tout ce qui m’a plu dans ce roman. L’héroïne, Diana Bishop, est issue d’une longue lignée de puissantes sorcières, mais depuis la mort de ses parents, elle rejette en bloc tout ce qui se rapporte à la magie. Jusqu’au jour où elle ouvre, un peu par hasard, un parchemin ensorcelé : l’Ashmole 782. A partir de cet instant, sa vie va basculer…

J’ai adoré l’atmosphère qui se dégage de ce roman : le charme désuet d’un autre temps, un parfum de mystère non dénué de menace, un univers très abouti qui mêle habilement notre réalité, notre histoire, à un monde imaginaire peuplé de créatures surnaturelles. Deborah Harkness maîtrise parfaitement son sujet, tout est parfaitement documenté, et les références historiques sont nombreuses, accentuant le réalisme des événements. Les protagonistes sont franchement sympathiques, on se prend bien vite d’affection pour eux, y compris les personnages secondaires.

Le seul bémol que je trouve à ce roman, c’est l’importance que tient l’histoire d’amour entre cette sorcière et ce vampire. Trop « fleur bleue », même pour moi, à la limite de la mièvrerie par moments et c’est vraiment dommage. J’aurais préféré davantage de références à ce fameux livre perdu des sortilèges, point de départ de cette intrigue mais finalement presque inexistant dans la suite, davantage de sorcellerie aussi. Malgré tout, j’en ressors charmée et c’est sans la moindre hésitation que je lirai la suite, car de nombreuses questions restent sans réponse.

Un très bon roman. Je me suis laissée embarquer sans la moindre difficulté, et j’ai d’autant plus hâte de lire la suite qu’elle nous fait remonter loin dans le temps, à l’époque de la chasse aux sorcières…

Pour plus d'informations


Nombre de pages : 517
Cycle : Le livre perdu des sortilèges, tome 1
Éditeur : Orbit
Date de parution : Mai 2011
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥

Le Puits de l'Ascension

de Brandon Sanderson

Quatrième de couverture


Le Seigneur Maître est tombé. La guerre peut commencer. En mettant fin au règne brutal et millénaire du tyran, ils ont réalisé l’impossible. À présent, Vin la gamine des rues devenue Fille-des-Brumes, et Elend Venture le jeune noble idéaliste, doivent construire un nouveau gouvernement sur les cendres de l’Empire. Mais trois armées menées par des factions hostiles, dont celle des monstrueux koloss, font le siège de Luthadel. Alors que l’étau se resserre, une légende évoquant le mystérieux Puits de l’Ascension leur offre une lueur d’espoir. Et si tuer le Seigneur Maître avait été la partie la plus facile ?

Le sentiment d'Aristide


J’ai découvert Brandon Sanderson avec L’Empire Ultime, le premier tome de la saga Fils-Des-Brumes dont voici la suite. Déjà à l’époque, j’avais remarqué la tendance de l’auteur au « bavardage », certains passages m’ayant semblé un petit peu longs, mais le roman en lui-même était une telle révélation pour moi que je lui pardonnai volontiers. Malheureusement, ce défaut de la première heure, loin de s’effacer au profit de l’intrigue, ne fait ici que s’accentuer, et très sincèrement, c’est trop.

Le Puits de l’Ascension, c’est l’histoire d’une reconstruction, et l’idée en elle-même était plutôt bonne. Il est intéressant, pour une fois, d’avoir un aperçu de ce qui se passe après le renversement du pouvoir en place. Les « gentils » feront-ils réellement mieux que les « méchants » ? Intéressant en effet, à condition d’avoir réellement quelque chose à dire. Parce qu’en l’occurrence, il ne se passe rien. Trois armées siègent aux portes de la cité, et que fait Elend ? Rien ! Il attend, subissant un relooking en règle pour tenter d’en imposer à son peuple. Que fait Vin ? Rien ! Elle arpente les brumes à l’infini, sans rien apprendre de plus sur sa condition de Fille-des-Brumes.

Vraiment, je n’ai pas compris. Pourquoi écrire pareil pavé quand on n’a rien à dire ? Je reconnais néanmoins qu’il y a quelques petites choses intéressantes dans ce roman, en particulier ce qu’on apprend des ferrochimistes avec Sazed, ou encore des kandras avec Ore-Sœur, mais pas de quoi asseoir tout un récit. Quant au dénouement de cette intrigue inexistante, il relève à peine le niveau : une partie tombe comme un cheveu sur la soupe et m’a plongée dans un abîme de perplexité, l’autre, celle qui concerne le devenir d’Elend, est tellement télescopée que c’en est affligeant.

Une grosse grosse déception pour moi, qui remet carrément en cause ma lecture du dernier tome de la trilogie. Quand je pense à toutes les critiques élogieuses que j’ai lues sur ce roman, je reste profondément sceptique...

Pour plus d'informations


Nombre de pages : 726
Cycle : Fils-des-Brumes, tome 2
Éditeur : Orbit
Date de parution : Octobre 2010
Souvenirs de voyage : ♥ ♥

Sans âme

de Gail Carriger

Quatrième de couverture


Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales. Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire et fille d’un père italien, mort. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui, défiant la plus élémentaire des politesses, ne lui avait pas été présenté. Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, Écossais et loup-garou à ses heures – est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire. Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Découvrira-t-elle ce qui se trame réellement dans la bonne société londonienne ? Qui sont vraiment ses ennemis, et aiment-ils la tarte à la mélasse ?

Le sentiment d'Aristide


J’avais beaucoup entendu parler de ce livre, et c’est avec curiosité et une espèce de jubilation que je me suis plongée dans ce premier tome du Protectorat de l’ombrelle. Rien que le titre m'amuse, au passage ! Jubilation parce que nombreux étaient ceux qui évoquaient un de ces personnages féminins hauts en couleur qui sont au demeurant encore si rares dans la littérature d’aujourd’hui : une jeune femme piquante autant qu’attendrissante, qui sait ce qu’elle veut et enquiquine tout le monde jusqu’à ce qu’elle l’obtienne. Une fille, quoi, pour résumer !

Alexia Tarabotti est vraiment tout ça, et l’époque à laquelle elle évolue met encore plus son sale caractère en exergue. Car ce que l’on attend d’une jeune londonienne de bonne famille au 19ième siècle, c’est qu’elle soit capable de tenir une maison, qu’elle se trouve un mari de son rang ou supérieur, et… qu’elle ne se mêle pas d’affaires d’hommes ! Pour le coup, Alexia Tarabotti a tout faux… et c’est avec beaucoup d’humour que Gail Carriger présente ce personnage totalement décalé avec son temps. Cela donne lieu à des situations parfois cocasses et jubilatoires.

Tout repose là-dessus, car l’intrigue en elle-même n’est pas transcendantale d’originalité, même si elle est fort bien menée. Malgré tout, cela suffit, étrangement… C’est également un roman plein de belles découvertes, en particulier tout ce qui touche à l’âme d’Alexia, assorti d’une excellente description du Londres et de la société de ces années-là. Petit coup de cœur également pour l’aspect un peu steampunck de l’intrigue, que j’ai également fort apprécié.

Au final, tout cela fait de Sans âme un petit bijou. Véritable concentré de bonne humeur, il ravira les amateurs de bit-lit mais aussi tous ceux aiment les univers un peu désuets et les situations truculentes. Lisez-le !


Pour plus d'informations


Nombre de pages : 313
Cycle : Une aventure d'Alexia Tarabotti, Le Protectorat de l'ombrelle, tome 1
Éditeur : Orbit
Date de parution : Janvier 2011
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥

Le requiem des abysses

de Maxime Chattam

Quatrième de couverture


Pour oublier le criminel qui a terrorisé Paris lors de l’Exposition universelle de 1900 et se remettre de leurs aventures, l’écrivain Guy de Timée et Faustine, la belle catin, se sont réfugiés au château d’Elseneur dans le Vexin. Mais là, dans une ferme isolée, une famille est assassinée selon une mise en scène macabre, alors que l’ombre d’une créature étrange rode dans les champs environnants… Guy, dans sa soif de comprendre le Mal, de le définir dans ses romans, replonge dans ses vieux démons, endossant à nouveau ce rôle de criminologue, qui le conduit peu à peu, comme un profiler avant la lettre, à dresser le portrait du monstre. Pendant ce temps, à Paris, les momies se réveillent, les médiums périssent étrangement et les rumeurs les plus folles se répandent dans les cercles occultes...

Le sentiment d'Aristide


Le requiem des abysses fait immédiatement suite à Léviatemps dans le Diptyque du temps de Maxime Chattam. On y retrouve Guy de Timée quelques semaines après la fin de ses aventures parisiennes, et Faustine et lui vont de nouveau être mêlés à une bien sombre histoire… ou deux ! Car ce sont deux enquêtes qui nous sont présentées ici, l’une qui se déroule dans le pittoresque village de province où se sont réfugiés nos deux héros, l’autre à Paris où l’exposition universelle bat toujours son plein.

Bien que la transition entre les deux m’ait un petit peu déstabilisée, l’auteur fait preuve d’un indéniable talent pour titiller notre imagination, et rendre son histoire addictive. Les deux enquêtes sont pleines de fausses pistes et de rebondissements, elles se déroulent à un rythme rendu haletant par des chapitres qui s’achèvent en plein suspens, c’est l’horreur ! Comment ne pas avoir envie de se lancer immédiatement dans le suivant ? D’autant plus qu’elles s’emboîtent  parfaitement.

On retrouve les personnages de Léviatemps, et j’ai beaucoup aimé découvrir de quelle manière la relation entre Guy et Faustine va évoluer, malgré mes difficultés toujours réelles à supporter notre prétentieux héros. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai songé : « Mais va-t-il enfin finir par se taire ?! » J’ai beaucoup de mal avec ce personnage, il sait toujours tout et se perd dans des atermoiements qui n’affligent que lui, quelle plaie ! Cependant les personnages secondaires sont plus sympathiques et l’histoire tellement bien menée qu’on n’arrive plus à s’en décrocher.

Un roman qui dépasse de loin son prédécesseur, et que je recommande volontiers. 

Pour plus d'informations


Nombre de pages : 448
Cycle : Le diptyque du temps, tome 2
Éditeur : Albin Michel
Date de parution : Mai 2011
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Les gardiens des souvenirs

de Robin Hobb

Quatrième de couverture


Les gardiens des dragons sont bloqués sur la rive du fleuve du Désert des Pluies qui fait face à Kelsingra, la légendaire cité des Anciens. Seule Gringalette, la dragonne de Kanaï, est capable de voler, et Alise Finbok l'utilise pour visiter la cité et tâcher d'en révéler les mystères avant que l'afflux probable de prospecteurs ne la dénature et n'en chasse les fantômes. Pendant ce temps, Leftrin est reparti sur le Mataf à Cassaric pour refaire des provisions, et les gardiens luttent pour survivre et pour fournir de quoi manger à leurs dragons, incapables de se débrouiller seuls, et peu enclins à faire les efforts nécessaires pour gagner leur autonomie. Les tensions s'accroissent entre les grandes créatures, à demi infirmes mais pleines d'une morgue propre à leur espèce. Cependant le Désert des Pluies n'est pas leur seul ennemi ; les envoyés du duc de Chalcède, en quête d'organes de dragons pouvant sauver leur maître, se rapprochent...

Le sentiment d'Aristide


Je m'étais déjà forgée mon opinion à la lecture des volumes précédents : la saga Les cités des anciens est clairement plus basée sur les relations entre les personnages et leur évolution, que sur l'intrigue somme toute assez pauvre que Robin Hobb y développe. Attention, je ne dis pas que ce n'est pas bien, je suis une grande fan de l'auteur depuis que j'ai mis la main sur le premier tome de L'assassin royal, mais là, clairement, je déconseillerais de découvrir l'auteur avec cette série.

Pourquoi ? J'aurais aimé éviter de revenir une énième fois sur le découpage français qui nuit clairement à cette histoire, mais c'est difficile parce que dans Les gardiens des souvenirs, il ne se passe quand même pas grand chose, quand on y regarde de plus près. Et je ne peux m'empêcher de penser - d'espérer ? - que c'est essentiellement dû à ce fameux découpage, qui rendrait bancale n'importe quelle œuvre, quelle que soit ses qualités par ailleurs. Et je préfère ne pas évoquer le prix de ces 250 malheureuses pages !

Bref, pour en revenir à ce rythme un peu molasson, ça ne m'a pas trop dérangée en fait, j'adore les dragons, j'adore l'univers du désert des pluies, j'adore la plume de l'auteur qui sait si bien nous attacher à ses personnages. Mais en toute objectivité, j'attendais davantage de la découverte de Kelsingra, et si les progrès laborieux des dragons ne sont pas inintéressants, tout tourne un petit peu trop autour de ça, justement. Ce tome m'a réellement fait l'effet d'une première partie, dans laquelle l'auteur se serait concentrée sur la mise en place de son intrigue, et n'est-ce pas réellement ce dont il s'agit, en réalité ?

Il n'est pas question pour moi de ne pas lire la suite, soyons claire, mais j'aimerais davantage de dynamisme, j'espère que l'auteur saura se recentrer sur son intrigue et la faire avancer, au moins un petit peu !
 

Pour plus d'informations


Nombre de pages : 259
Cycle : Les cités des anciens, tome 5
Éditeur : Pygmalion
Date de parution : Mai 2012
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥

La furie des dragons

de Michael A. Stackpole

Quatrième de couverture


Les armées de Chytrine déferlent. Vivants et morts ravagent royaumes et cités dans leur quête des fragments de la Couronne du Dragon qui, une fois recomposée, rendra l’impératrice invincible. Face à elle se dresse la belle et audacieuse Alexia, princesse d’Okrannel, entourée de héros inattendus : Résolu, un Vorquelfe exilé décidé à se venger, Kerrigan Reese, un mage doté d’un pouvoir incertain, et enfin, le jeune Will, voleur orphelin des bas-fonds qui pourrait réaliser une ancienne prophétie… ou en être la victime innocente. Leur seul atout : un fragment vital de la Couronne du Dragon et… tout leur courage ! Mais est-ce assez pour freiner la terrifiante horde surgie des ténèbres ?

Le sentiment d'Aristide


Voilà de longs mois que j'ai lu le premier tome de La guerre de la couronne, de Michael A. Stackpole ; je me souviens, c'était à l'occasion d'un Festival du Livre de feu le Cercle des Huit, un forum dédié aux admins de jeux par forum, ça commence à dater. Pourtant, je me souviens très bien de la fin de Forteresse Draconis, époustouflante. Et si l'action reprend exactement là où on l'a laissée, l'adrénaline retombe comme un soufflet trop tôt sorti du four ! L'auteur a pris le parti de tisser patiemment une nouvelle trame, avec de nouveaux personnages. Une décision un peu déstabilisante pour moi...

Malgré tout, c'est avec grand plaisir que j'ai retrouvé les anciens protagonistes. Ils s'étoffent ici, prenant en main leur destinée après avoir gagné en maturité. La mise en place de la nouvelle intrigue est assez lente, au début, c'est vrai, mais elle s'accélère rapidement et nous entraîne dans une espèce de marathon qui s'achève en beauté, et nous laisse épuisés sur la ligne d'arrivée. Complots, intrigues politiques, jeux de pouvoir mais aussi scènes d'action et grandes batailles, c'est de la fantasy classique mais vraiment épique. Je me demande ce que va donné la suite, et je compte sur une véritable apothéose !

Finalement, le seul vrai reproche que l'on peut faire à La furie des dragons, c'est de suivre de trop nombreux personnages sur de trop vastes territoires. J'avoue que par moments, je m'y perdais un peu, et puis histoire de chipoter un peu, le titre laissait présager la présence de davantage de dragons ! Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup apprécié ce roman, et le final m'a laissée sur les dents. La grande croisade, dernier tome de la saga, devrait rejoindre ma pile à lire dans très peu de temps !

Pour plus d'informations


Nombre de pages : 576
Cycle : La guerre de la couronne, tome 2
Éditeur : Milady
Date de parution : Décembre 2009
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥

up