La patience du diable

de Maxime Chattam

Quatrième de couverture


Le Mal peut-il contaminer ceux qui le traquent ? Un go-fast pris en flag qui transporte bien pire que de la drogue… Deux ados qui tirent sur les passagers d’un TGV lancé à pleine vitesse… Des gens ordinaires découverts morts… de terreur. Le Diable mène le bal, le monde est devenu fou. Lieutenant à la Section de Recherche de Paris, Ludivine Vancker comprend bientôt qu’un fil sanglant relie ces faits divers. Rien ne pourra l’empêcher de remonter la piste à sa source. Aux racines de la peur. Après La Conjuration primitive, Maxime Chattam, dans ce thriller d’une maîtrise glaçante, sème plus que jamais le doute.

Le sentiment d'Aristide


J’avais été littéralement bluffée par La conjuration primitive, les thèmes abordés, les lieux choisis, formidables, les retournements de situation, ce livre avait été un véritable coup de cœur pour moi. Forcément, avec un niveau pareil, difficile de faire mieux, voire même de l’égaler, et je fais partie des gens qui ont été déçus par La patience du diable qui lui fait suite sans lui faire suite, puisqu’on retrouve le personnage de Ludivine et sa brigade au cœur d’une nouvelle enquête.

Comme par un fait exprès, j’ai enchaîné la lecture du roman du Donato Carrisi, Le chuchoteur, avec celle-ci, et comme les deux abordent la thématique de la manipulation de tueurs en série, difficile de ne pas faire de comparaison. Maxime Chattam a une écriture simple et fluide, il sait se montrer efficace, tant dans ses descriptions macabres que dans sa maîtrise du suspens. Un peu comme dans son prédécesseur, la violence se propage dans La patience du diable comme un virus extrêmement contagieux, et la SRP a fort à faire. On ne s’ennuierait pas une seconde si l’auteur ne se perdait dans de pesants discours sur l’origine du mal, et la patience du diable, justement !

Le message est vraiment trop appuyé, d’autant plus qu’il passe par une héroïne qui finit par nous taper sur les nerfs, à force de se prendre pour le bras invincible de la justice. Je n’ai pas non plus trouvé que l’intrusion du fantastique au milieu de tout ça était très heureuse, on n’y croit encore moins. Ce qui faisait la force de La conjuration primitive, c’était le réalisme cru des choses. Ici, on a juste l’impression que l’auteur se rend brusquement compte des failles de son intrigue, qu’il y a quelque-chose qui ne fonctionne pas, et qu’il cherche à en rajouter une couche pour nous embarquer de force. Raté.

Si vous suivez régulièrement mes chroniques, vous savez que je suis une fan de Maxime Chattam, que j’ai tout lu de lui, quasiment, et aimé… presque tout ! Mais très sincèrement, La patience du diable n’a pas su me convaincre, et j’en suis la première navrée. Très envie d’un changement de registre de sa part.

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Nombre de pages : 496
Cycle : -
Éditeur : Albin Michel
Année de parution : 2014
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥

Le chuchoteur

de Donato Carrisi

Quatrième de couverture


Cinq petites filles ont disparu. Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière. Au fond de chacune, un petit bras, le gauche. Depuis qu'ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d'agents spéciaux ont l'impression d'être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d'un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d'appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d'enlèvement. Dans le huis clos d'un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs. Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure ? Un époustouflant thriller littéraire, inspiré de faits réels.

Le sentiment d'Aristide


« Nous fréquentons des gens dont nous pensons tout connaître, mais en fait nous ne savons rien d'eux. » Cette citation résume parfaitement ce dont il est question dans Le chuchoteur. Ça faisait un bon moment que j’entendais parler en bien de ce roman et de cet auteur, il était donc plus que temps que je m’y colle, et je n’ai pas été déçue. Il faut savoir que Donato Carrisi est juriste de formation, spécialisé en criminologie et en sciences du comportement. Il a même écrit une thèse sur un tueur en série italien. Bref, il sait de quoi il parle, et il est très habile à nous plonger au cœur d’une intrigue à la terrible noirceur.

Le récit débute sur une découverte assez glauque, celle de cinq petites tombes dans lesquelles se trouvent cinq bras gauches d’enfant disparus. Un sixième membre découvert à leurs côtés vient encore ajouter à l’horreur. L’équipe du professeur Gavila est chargée de l’enquête et va aller de découverte macabre en découverte encore plus macabre ! L’auteur alterne les points de vue, même si l’on suit principalement celui de Mila, une enquêtrice un peu particulière, elle-même confrontée à ses propres démons. Cette manière de construire son roman lui permet de nous maintenir, nous lecteurs, dans un suspens constant, d’autant qu’il aime visiblement terminer ses chapitres en cliffhanger.

Franchement, c’est un roman assez dense mais dont je n’ai vraiment pas vu s’écouler les pages. Même si tout n’est pas parfait. Bien sûr, on anticipe certaines choses, on se dit parfois que certains personnages sont bien bêtes de ne pas deviner tel ou tel développement, certaines ficelles sont un peu douteuses - l’intervention du médium, en particulier -, mais dans l’ensemble, et c’est ce que j’ai envie de retenir, l’auteur nous mène en bateau assez aisément, et nous réserve de bien « belles » surprises. Et le plus terrifiant dans tout ça, c’est la crédibilité qui se dégage de l’ensemble, le fait qu’on nous annonce que cette histoire est inspirée de faits réels. Ça fait froid dans le dos !

Un de ces thrillers extrêmement bien fichus, qui marquent les esprits et donnent envie de découvrir cet auteur plus avant. Lisez-le !

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Nombre de pages : 440
Cycle : -
Éditeur : Calmann-Lévy
Année de parution : 2010
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Pandora Project

de Yuna Minhaï Dekebat

Quatrième de couverture


Newport, New Hampshire, dans un futur proche. L’Enfer a désormais un nom. Autrefois si radieuse, la ville de Newport n’est maintenant plus que l’ombre d’elle-même ; une ombre grandissante, oppressante, dévorant tout sur son passage. Dans ce monde où corruption et tyrannie ont depuis longtemps pris le pas sur la démocratie, Ensaï tente de reconstruire sa vie malgré l’amnésie qui le ronge. Bientôt, de douloureuses marques apparaissent sur son corps, et d’étranges murmures le poussent peu à peu au bord de la folie. Des secrets trop longtemps enfouis semblent se battre pour refaire surface... Comment échapper à cette inexorable chute vers l’enfer qui lui tend les bras ?

Désert d’Ekkar, Nevada. Des Dunes majestueuses, un sable doré et ardent à perte de vue, dissimulant des mystères oubliés du monde... Depuis des siècles, le Clan d’Ekkar est le théâtre de combats muets qui s'immiscent dans la vie des quelques nomades qui foulent ces terres sacrées. Parmi eux, Heather, en passe de devenir malgré elle guide de son peuple, doit affronter une guerre millénaire qui, par l’aveuglement d’une poignée des siens, éclatera sans doute très bientôt. Mais comment guider tout un peuple, alors qu’elle ne parvient même pas à lutter contre ses démons intérieurs ?

Deux mondes que tout oppose, deux âmes tourmentées, unies à jamais par leur Destinée. Plongez dans les légendes ancestrales d’un peuple en perdition et découvrez leur Univers, par-delà les apparences. Êtes-vous prêt à entrer dans la Ronde ?

Le sentiment d'Aristide


Pandora Project est un roman fantastique et d’anticipation, dont la première version auto-publiée est parue en 2011. Une seconde version, définitive, corrigée et augmentée, est désormais disponible depuis juin 2014, grâce au soutien de 183 contributeurs sur My Major Company. C’est cette version que l’auteur, Yuna Minhaï Dekebat, m’a proposée en SP. Très intriguée par le quatrième de couverture, et sans jamais avoir entendu parler ni de l’auteur ni de son livre, j’ai accepté avec excitation de me lancer dans cette nouvelle aventure livresque.

Le premier qualificatif qui me vient à l’esprit quand je songe à ce roman, c’est « dépaysant ». En effet, on évolue entre deux mondes. D’un côté, celui d’une ville dévastée, obscur, corrompu, apocalyptique, glauque à souhait ; de l’autre, celui des nomades du désert, débordant de couleurs et de luminosité, de fraternité apparente bien que les choses ne soient pas aussi simples qu’elles le paraissent. Ces deux mondes que tout oppose sont cependant intrinsèquement liés, et vont finir par se rejoindre au fil du roman. Je m’y suis immergée avec facilité et délice.

Si c’est réellement l’univers en lui-même qui m’a conquise, j’ai également beaucoup aimé les personnages de ce roman : Ensaï, l’amnésique, qui se réveille dans un aéroport, dans une ville non seulement inconnue de lui mais surtout complètement en ruines, et Heather, jeune femme attachante et meneuse de tout un peuple confronté à une malédiction ancestrale. Ce sont deux personnages très aboutis qui s’interrogent, qui doutent, qui nous agacent parfois, qui évoluent finalement, en tous cas qui ne nous laissent pas indifférents. On pourra regretter que certains personnages secondaires n’aient pas été développés plus avant, mais on ne peut pas avoir tout bon du premier coup !

Pour ce qui est de l’intrigue, il est vrai qu’elle souffre de quelques longueurs, mais le suspense est maintenu jusqu’au bout, et c’est réellement appréciable. Le style et la mise en page sont très graphiques, ce qui fait qu’on s’immerge très rapidement dans cet univers. L’auteur nous propose même régulièrement quelques morceaux choisis à écouter pour agrémenter notre lecture, et se fondre encore plus dans son histoire. Une très belle découverte pour moi, originale et plaisante, pour laquelle je remercie vivement Yuna Minhaï Dekebat. Et pour en savoir plus sur Pandora Project, c’est par ici que ça se passe !

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Nombre de pages : 636
Cycle : -
Éditeur : Ouvrage auto-éditée
Année de parution : 2014
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥

Max

de Sarah Cohen-Scali

Quatrième de couverture


19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Fürher. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l'on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l'enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans loi. Sans rien d'autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d'aimer. Heil Hitler !

Max est le prototype parfait du programme "Lebensborn" initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l'Allemagne puis l'Europe occupée par le Reich.

Le sentiment d'Aristide


J’ai lu ce roman dans le cadre d’une lecture commune organisée sur l’Imag’In Café. Je n’en avais pas spécialement entendu parler avant, ni rien lu de Sarah Cohen-Scali, mais le quatrième de couverture m’avait intéressée, et comme j’ai eu la chance de le trouver disponible à la bibliothèque, je me suis dit, ma foi, pourquoi pas ? On ne parle pas souvent des Lebensborn quand on parle de la Seconde Guerre Mondiale, je savais tout juste ce dont il s’agissait avant de commencer. Et quelle claque !

Qu’il est difficile de se mettre dans la peau de Max, ou Conrad plutôt, puisque c’est son prénom dans les fichiers de l’état civil ! Cet enfant, conditionné dès avant sa naissance aux idéologies nazies, nous expose crument sa petite vie et ses opinions sur la situation géopolitique de son pays dès 1936. Le récit est à la première personne, et on est réellement dans sa tête. Sauf que… qui a jamais rêvé de pénétrer dans la tête d’un nazi ? Pas moi en tous cas ! J’ai trouvé toute la première partie du livre extrêmement difficile à lire, pas à cause du style de l’auteure, non, mais à cause des idées véhiculées par Max. J’ai lu le mot « dérangeant » dans diverses chroniques, et c’est exactement ça, ça fait froid dans le dos.

En même temps, ce n’est qu’un petit garçon élevé sans l’amour ni d’une mère ni d’un père, et dont on bourre le crâne de bêtises à propos des Juifs ou de la suprématie de la race aryenne. Un petit garçon qui croit réellement en ce qu’il professe, mais que la réalité des choses va finir par rattraper pour lui ouvrir les yeux. Et encore, même à ce moment-là, on sent bien qu’il n’est pas totalement convaincu, c’est aussi ce qui fait toute la subtilité de ce livre, ce qui lui donne de la crédibilité.

Au final, j’ai adoré ce bouquin ! Je trouve qu’il est très bien pensé dans sa construction narrative, c’est bien fichu, horrible au possible, mais bien écrit, bien pensé, bien construit. On ne peut pas reprocher à l’auteur de ne susciter aucune émotion en nous, ça c’est sûr ! A lire par tous ceux qui sont intéressés par cette période de l’histoire, mais pas seulement, parce qu’il y a des choses que l’on se doit de savoir, pour que plus jamais elles ne se reproduisent.

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Nombre de pages : 473
Cycle : -
Éditeur : Editions Gallimard
Année de parution : 2012
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Docteur Sleep

de Stephen King

Quatrième de couverture


Avec Docteur Sleep, Stephen King revient sur les personnages et le territoire de l'un de ses romans précédents, Shining, l'enfant lumière. Doctor Sleep présente Dan Torrance, désormais adulte, et Abra Stone, petite fille de 12 ans qu'il doit protéger du « Nœud Vrai ». Guidés par Rose Claque, ces voyageurs quasi-immortels traversent le pays pour se nourrir de l'énergie psychique (qu'ils nomment "vapeur") des enfants possédant le don du "shining". Dan tente depuis des années de fuir l'héritage de son père Jack et s'est installé dans le New Hampshire, travaillant dans une maison de retraite où ses dons apportent du réconfort aux mourants. C'est ainsi qu'il devient "Doctor Sleep". Mais après sa rencontre avec Abra Stone, une guerre épique entre le bien et le mal débute.

Le sentiment d'Aristide


Pour être parfaitement honnête, je craignais terriblement cette suite à Shining. Je me demandais à quoi ça rimait au juste de revenir sur le succès planétaire que l’on connaît, je désapprouvais l’aspect mercantile de l’opération, même si je me doute bien que Stephen King n’a pas besoin de ça pour vivre. Bon, j’avais tort, d’accord, je le reconnais de bon cœur. A tous ceux qui pensent que l’auteur n’avait plus rien à dire sur Danny Torrance, qui craignent que cette nouvelle intrigue ne soit un peu tirée par les cheveux, je dis : détrompez-vous !

Parce que Docteur Sleep, c’est une histoire à part entière, et pas seulement celle de Danny. Alors bien sûr, quel plaisir de le retrouver, devenu adulte, et même s’il est à nouveau la proie des ombres. Il a grandi, non sans difficulté, tant à cause de son passé que de son don (ou de sa malédiction, selon le point du vue), et il est devenu quelqu’un de bien. Oh, ce n’est pas un homme parfait, il a des remords et des regrets tout à la fois, mais c’est un homme bien. Et puis il y a Abra aussi, cette petite fille que l’on voit grandir, et qui se trouve affublée de la même malédiction de Danny, celle du shining. Elle est touchante, cette petite fille…

Comme d’habitude chez King, Docteur Sleep est peuplé de personnages tellement aboutis que parfois, on compatit même pour les grands méchants ! L’intrigue est bien menée, sans temps mort, et elle nous réserve de bien belles surprises. C’est un roman digne du King des débuts, celui de Shining justement, dans lequel le dosage entre action et introspection est juste parfait. Un roman addictif et très riche dans son contenu, avec de jolis clins d’œil comme l’auteur en a le secret, il sait si bien y faire. Un véritable coup de cœur, comme je n’en avais pas eu depuis longtemps avec Stephen King.

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Nombre de pages : 584
Cycle : Danny Torrance, tome 2
Éditeur : Editions Albin Michel
Année de parution : 2013
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

La vérité sur l'affaire Harry Québert

de Joël Dicker

Quatrième de couverture


À New York, au printemps 2008, lorsque l'Amérique bruisse des prémices de l'élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d'écrire le nouveau roman qu'il doit remettre à son éditeur d'ici quelques mois. Le délai est près d'expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d'université, Harry Quebert, l'un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d'avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l'innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l'enquête s'enfonce et il fait l'objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d'écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s'est-il passé dans le New Hampshire à l'été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?

Le sentiment d'Aristide


Je ne savais pas bien à quoi m’attendre quand j’ai commencé ce roman, mais je savais que les échos étaient plutôt bons. J'avoue que j’avais besoin d’encouragements, étant donnés le nombre de pages et le fait que l’auteur m’était inconnu. J’ai donc profité d’une lecture commune organisée sur l’Imag’In Café pour me lancer. Et comme on rentre assez vite dans le vif du sujet, ça s’est plutôt bien passé.

C’est l’histoire d’un jeune écrivain qui cherche l’inspiration pour son prochain roman, et va la trouver dans un fait divers qui le touche de près : son meilleur ami et mentor est accusé du meurtre d’une jeune fille de 15 ans, en 1975. Dès lors, il va s’attacher à faire la lumière sur cette affaire, pour disculper Harry Québert. Le récit navigue entre le passé et le présent, un peu comme dans certaines séries télévisées actuelles. C’est vraiment bien fichu : au fur et à mesure que l’on progresse dans l’enquête, on en vient à soupçonner un petit peu tout le monde, car chacun aurait pu avoir une « bonne raison » de vouloir supprimer Nola.

Au passage, on découvre les interrogations de Marcus, le jeune écrivain, sur son métier et sur l’industrie du livre. C’était intéressant, mais non dénué de clichés quand même : le maître et l’élève, le petit côté bien-pensant sur la manière dont on devient un homme ou un bon écrivain, l’histoire d’amour un peu mièvre à laquelle on a un peu du mal à croire, les caricatures… Pour un Grand Prix de l’Académie Française, je lui trouve quand même pas mal de défauts à ce bouquin, moi ! Tout cela rend l’action un peu redondante, et j’ai peiné à la moitié du livre.

Heureusement, je me suis totalement laissée embarquée par le final. Les 200 dernières pages se tournaient toutes seules ! Tout s’accélère, les révélations s’enchaînent, et je me surprends à avoir envie de savoir, finalement, qui a tué Nola. C’est juste dommage que ça n’arrive pas avant, car il y a des choses intéressantes dans ce roman : les réflexions sur l’écriture, la description de cette petite communauté rurale du New-Hampshire… Un roman desservi par la publicité qu’il a engendré, je pense, parce qu’on en attend trop. C’est juste une histoire bien fichue, mais un peu longuette.

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Nombre de pages : 665
Cycle : -
Éditeur : Editions de Fallois
Année de parution : 2012
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥

Les pillards

de Robin Hobb

Quatrième de couverture


Dans la fabuleuse cité de Kelsingra, Alise consigne pour la postérité toutes les merveilles qu'elle découvre, car elle sait qu'une fois le monde informé des trésors que la cité recèle, plus rien ne sera comme avant. Déjà des rumeurs sur sa découverte courent dans le désert des Pluies et atteignent des oreilles cupides à Terrilville et au-delà ; aventuriers, pirates et chasseurs de fortune accourent pour piller le lieu, y compris Hest Finbok, le mari d'Alise... Au même moment, Selden est prisonnier du duc de Chalcède, qui le voit comme un homme-dragon dont la chair et le sang peuvent guérir miraculeusement sa santé défaillante. Qu'est devenue Tintaglia, la grande dragonne bleue, à l'heure où sa présence est le plus nécessaire ? A-t-elle abandonné son bien-aimé Selden et les dragons mal nés ? Ou reviendra-t-elle elle aussi s'approprier les merveilles de Kelsingra ?

Le sentiment d'Aristide


Si le tome précédent avait fini par me lasser, Les pillards a su relancer tout mon intérêt pour cette saga. Les dragons et leurs gardiens sont aux portes de Kelsingra, et s’évertuent à tenter de prendre leur vol pour traverser le fleuve et atteindre enfin la cité mythique. C’est l’occasion pour nous de découvrir plus avant la personnalité des grands dragons, en particulier la détermination de Sintara, quand son fichu caractère ne prend pas le dessus, ou peut-être justement à cause de lui. C’est également elle qui finit par nous ouvrir définitivement les portes de Kelsingra.

Mais parallèlement à tout ça, l’action se déplace à la fois du côté de Cassaric où le capitaine Leftrin est retourné réclamer le salaire des gardiens, de Terrilville où Hest fait à nouveau des siennes sous l’impulsion de son père, et en Chalcède où Selden est prisonnier des hommes du duc. Tout cela ouvre de nouvelles perspectives, même si les parties concernant Selden ne m’ont pas passionnée, je dois bien le reconnaître. Je trouve ça beaucoup trop long, et je ne vois pas où Robin Hobb veut en venir. Le récit alterne d’une situation à l’autre, et on n’a cependant pas le temps de s’ennuyer.

En revanche, les hésitations de Thymara entre Kanaï et Tatou commencent à me fatiguer. Cette mode qui consiste à coller un triangle amoureux dans chaque intrigue m’horripile au plus haut point, et je n’aurais pas cru que Robin Hobb puisse céder à cette facilité. C’est pour moi sans le moindre intérêt, et cela ne fait que me rendre Thymara antipathique. Déjà qu’elle passait son temps à se plaindre de sa dragonne ! C’est vraiment ce qui place cette saga un cran en dessous des autres pour moi, même si ça se lit très bien, et que j’éprouve une véritable passion pour le Désert des Pluies...

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Nombre de pages : 264
Cycle : Les cités des Anciens, tome 6
Éditeur : Pygmalion
Année de parution : 2012
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Neverland

de Maxime Chattam

Quatrième de couverture


L'ennemi a détruit le deuxième Cœur de la Terre, séparé Matt, Ambre et Tobias. Alors qu'Entropia et ses créatures monstrueuses poursuivent leur entreprise de destruction, Matt découvre Neverland, la forteresse secrète et mystérieuse des Fantômes, les jeunes rebelles de l'empire d'Oz. L'Alliance des trois arrivera-t-elle à se reformer à temps pour sauver les enfants d'Europe ? L'heure de révéler les ultimes secrets d'Autre-Monde approche...

Le sentiment d'Aristide


Il y a quelques années, quand j’étais encore plongée dans la saga des Harry Potter, je me faisais la réflexion que l’intrigue se faisait de plus en plus sombre, au fur et à mesure que j’avançais dans ma lecture des différents tomes. Avec Autre-Monde, j’ai exactement le même sentiment. Les premiers tomes étaient plaisants bien qu’assez orientés jeunesse à mon sens, mais plus on progresse dans l’histoire, plus l’univers s’assombrit, plus les créatures et les Cyniks deviennent mauvais, plus ce qu’il advient de nos trois héros devient dur.

On ne peut guère s’en plaindre quand tout est d’une cohérence absolue. Maxime Chattam maîtrise parfaitement bien son univers, on a le sentiment qu’il sait précisément où il va et c’est bien agréable, on n’a pas cette impression de se faire mener en bateau comme chez certains autres auteurs où les choses semblent survenir un petit peu au hasard. Dans chaque volume, j’ai le sentiment de voir évoluer Matt, Tobias et Ambre, tant je partage leurs inquiétudes, leurs émotions, tant je vis leurs aventures à travers la plume de l’auteur. Et puis c’est truffé de belles idées !

J’ai particulièrement apprécié le fait que les communications par esprits interposés soient davantage développées, par exemple. J’ai également été émerveillée par Neverland et l’organisation des Pans qui s’y trouvent, ou encore par les marécages de Mangroze... J’adorerais voir cette saga adaptée au cinéma ! Mais ce qui m’a le plus interpellée, ce sont les inquiétudes de Matt, qui a tellement peur de grandir et de devenir adulte, alors que par bien des côtés, il l’est déjà. Maxime Chattam et son Peter Pan, c’est bien le cas de le dire !

Un roman qui m’a conquise donc, auquel j’ai trouvé les mêmes qualités qu’aux premiers de la saga, avec ce petit côté plus adulte et abouti qui en fait une perle. Il me sera sans aucun doute très difficile de dire au-revoir à cet univers à la fin du septième et dernier tome, même si j’ai très envie de connaître la fin de l’histoire. Mais l’auteur évoque déjà la possibilité d’une nouvelle saga dans Autre-Monde, autour d’un autre personnage, alors ma foi… si c’est partir pour mieux revenir, pourquoi pas ?

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Nombre de pages : 640
Cycle : Autre-Monde, tome 6
Éditeur : Albin Michel
Année de parution : 2013
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Le cimetière des histoires perdues

de Frédéric Mars

Quatrième de couverture


Lara Scott, 15 ans, vit sur l'île de Hometone, une île du Pacifique nord qui ne figure sur aucune carte ni relevé satellite. Là, vit dans le plus grand secret une communauté d'enfants et d'adolescents qui accomplit la plus incroyable des missions : écrire l'histoire de l'humanité toute entière, la vie de chacun d'entre nous, telle qu'elle va bientôt se dérouler. Leur nom ? Les Ecriveurs ! Mais de ce pouvoir immense découle des luttes intestines dantesques, que Lara va tenter de résoudre.

Le sentiment d'Aristide


J’avais beaucoup aimé La cité lumineuse, roman jeunesse de Frédéric Mars, atypique et au thème original même si les péripéties étaient un peu prévisibles pour l’adulte que je suis. Suffisamment en tous cas pour avoir envie de poursuivre l’aventure avec Lara. C’est pourquoi quand Frédéric Mars nous a proposé de lire ce second volume par l’intermédiaire de l’Imag’In Café, je n’ai pas hésité. Je tiens donc, d'ores et déjàs à remercier Frédéric et Kahlan pour cette opportunité.

Parlons du contenant, pour commencer. J’ai reçu Le cimetière des histoires perdues en version numérique, cette suite étant auto éditée par l’auteur lui-même, et pour le moment uniquement disponible sur Amazon. Ce n’était pas un problème en soi, puisque je suis équipée d’une liseuse depuis un petit moment et puis j’étais prévenue, mais le .pdf n’est pas le format le plus aisément manipulable, il faut bien le reconnaître. Pourtant, ce qui m’a surtout gênée, ce sont les fautes d’orthographe et les inversions de mots qui parsèment encore le texte. J’espère que Frédéric ne m’en voudra pas de le signaler ici, mais je veux être parfaitement sincère.

Pour ce qui est du contenu, en revanche, rien à redire. J’ai retrouvé la jeune Lara avec grand plaisir, j’ai partagé sa découverte du rôle et des responsabilités d’un Ecriveur, je l’ai accompagnée dans sa quête à travers les 700 merveilles, je me suis interrogée avec elle à propos du mystérieux ¿. En bref, je me suis laissée embarquer par cette histoire pleine de rebondissements. J’ai également beaucoup aimé l’aspect politique du récit, le fait d’avoir le point de vue des dirigeants de la cité lumineuse, et d’assister à leurs manigances. J’ai trouvé cette histoire plus aboutie que la précédente qui faisait un petit peu figure de prologue. Là, le décor est posé, on est au cœur de l’histoire.

Alors bien sûr, il reste des questions sans réponse et c’est bien normal puisque la saga ne s’arrête pas là. Je suis convaincue que ¿ n’en a pas fini avec Lara et qu’on entendra encore parler de lui. D’ici là, je vous invite à découvrir Les Ecriveurs. Conseillez-le à vos ados, ils tomberont sans doute sous le charme, eux aussi.

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Nombre de pages : 267
Cycle : Les Ecriveurs
Éditeur : Auto-édition
Année de parution : 2013
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥

Les voies d'Anubis

de Tim Powers

Quatrième de couverture


Vraiment, pourquoi Brendan Doyle, jeune professeur californien, aurait-il refusé de faire à Londres cette conférence payée à prix d'or? Comment deviner que l'attend la plus folle et la plus périlleuse des aventures ? Voyez plutôt : à peine arrivé, le voici précipité, par une mystérieuse brèche temporelle, dans les bas-fonds de Londres. De Londres en 1810 ! Sorciers, sectes et rumeurs de loup-garou ... Et, nul doute, quelqu'un cherche à l'enlever sinon à le tuer ! Au hasard de sa fuite, Doyle régressera jusqu'en 1685 puis sera projeté dans l'Égypte de 1811 où des magiciens vénèrent encore le dieu Anubis. Traqué, maintes fois capturé et toujours s'échappant, il cherche à corps perdu la "brèche" du retour.

Le sentiment d'Aristide


Les voies d'Anubis est une histoire de voyage temporel, un voyage qui entraîne Brendan Doyle, le héros, dans le Londres du 19ème siècle où la magie se mêle à de célèbres personnages de la littérature anglaise. Un Londres fort bien décrit, au demeurant, peuplé de créatures pour le moins pittoresques allant du nain tout droit sorti du laboratoire d'un savant fou au clown monté sur échasses, ou encore au mage égyptien au service de son dieu ou au loup-garou qui saute de corps en corps. Autant de figures marquantes...

Malgré tout, j'avoue que j'ai eu un peu de mal à rentrer dans l'histoire. A cause du style de l'auteur, pour commencer, qui nous propose des phrases à rallonge dont on a oublié le début quand on arrive à la fin. Mais aussi parce que l'intrigue met énormément de temps à se mettre en place. Au final, elle est plutôt bien ficelée, et le voyage dans le temps de notre héros aura des implications que l'auteur intègre brillamment, sans céder à la facilité du paradoxe temporel. Cependant la première moitié du livre m'aura été fort laborieuse.

D'autant plus que Brendan Doyle n'est pas doté d'un charisme exceptionnel. C'est un personnage assez fade, un héros tellement quelconque qu'on a bien du mal à s'y attacher. A l'opposé des autres protagonistes qui, eux, sont tellement étranges qu'ils m'ont longtemps laissée perplexe. Bref, un roman à l'intrigue de qualité, parsemé de belles idées, mais d'abord assez difficile et qui n'a jamais suscité chez moi la moindre addiction. En un mot : fastidieux !

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Nombre de pages : 476
Cycle : Aucun
Éditeur : Bragelonne
Année de parution : 1986
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥

La conjuration primitive

de Maxime Chattam

Quatrième de couverture


Une véritable épidémie de meurtres ravage la France. Plus que des rituels, les scènes de crimes sont un langage. Et les morts semblent se répondre d’un endroit à l’autre. Plusieurs tueurs sont-ils à l’œuvre ? Se connaissent-ils ? Et si c’était un jeu ? Mais très vite, l’Hexagone ne leur suffit plus : l’Europe entière devient l’enjeu de leur monstrueuse compétition. Pour essayer de mettre fin à cette escalade dans l’horreur, une brigade de gendarmerie pas tout à fait comme les autres et un célèbre profiler, appelé en renfort pour tenter de comprendre. De Paris à Québec en passant par la Pologne et l’Écosse, Maxime Chattam nous plonge dans cette terrifiante Conjuration Primitive, qui explore les pires déviances de la nature humaine.

Le sentiment d'Aristide


Pour moi, l’un des meilleurs romans de Maxime Chattam ! L’auteur nous plonge ici dans une intrigue particulière glauque, où tous les ingrédients sont réunis pour nous faire froid dans le dos. Lors de son passage à Paris tout récemment, Stephen King expliquait qu’il lui est somme toute facile de déclencher nos peurs : il lui suffit de créer des personnages auxquels on s’attache et de les mettre dans une situation difficile. Ici, Chattam utilise la même ficelle, mais pas que !

En effet, les héros de cette histoire sont des gendarmes qui enquêtent sur un, puis deux, puis trois meurtres perpétrés d’atroce manière par des tueurs qui signent leur « œuvre » d’un énigmatique *e. Des meurtres à la limite du soutenable, où les descriptions ne laissent rien au hasard. Maxime Chattam a travaillé son sujet et ses décors, c’est flagrant, et ça rend les choses d’autant plus réalistes. Tout est très visuel, un peu à la manière d’un film, le tempo est extrêmement soutenu, on n’arrive plus à s’arrêter de lire, c’est atroce !

Les personnages sont attachants, d’autant plus que l’auteur ne les épargne pas et que l’on compatit forcément à ce qui leur arrive. C’est comme si l’on se glissait sous leur peau pour vivre cette enquête de l’intérieur, une terrible immersion qui nous laisse tout tremblant par les extrémités qu’elle atteint. Un véritable coup de cœur dont j’attends la suite avec la plus vive impatience.

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Nombre de pages : 462
Cycle : Aucun
Éditeur : Albin Michel
Année de parution : 2013
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

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