La patience du diable

de Maxime Chattam

Quatrième de couverture


Le Mal peut-il contaminer ceux qui le traquent ? Un go-fast pris en flag qui transporte bien pire que de la drogue… Deux ados qui tirent sur les passagers d’un TGV lancé à pleine vitesse… Des gens ordinaires découverts morts… de terreur. Le Diable mène le bal, le monde est devenu fou. Lieutenant à la Section de Recherche de Paris, Ludivine Vancker comprend bientôt qu’un fil sanglant relie ces faits divers. Rien ne pourra l’empêcher de remonter la piste à sa source. Aux racines de la peur. Après La Conjuration primitive, Maxime Chattam, dans ce thriller d’une maîtrise glaçante, sème plus que jamais le doute.

Le sentiment d'Aristide


J’avais été littéralement bluffée par La conjuration primitive, les thèmes abordés, les lieux choisis, formidables, les retournements de situation, ce livre avait été un véritable coup de cœur pour moi. Forcément, avec un niveau pareil, difficile de faire mieux, voire même de l’égaler, et je fais partie des gens qui ont été déçus par La patience du diable qui lui fait suite sans lui faire suite, puisqu’on retrouve le personnage de Ludivine et sa brigade au cœur d’une nouvelle enquête.

Comme par un fait exprès, j’ai enchaîné la lecture du roman du Donato Carrisi, Le chuchoteur, avec celle-ci, et comme les deux abordent la thématique de la manipulation de tueurs en série, difficile de ne pas faire de comparaison. Maxime Chattam a une écriture simple et fluide, il sait se montrer efficace, tant dans ses descriptions macabres que dans sa maîtrise du suspens. Un peu comme dans son prédécesseur, la violence se propage dans La patience du diable comme un virus extrêmement contagieux, et la SRP a fort à faire. On ne s’ennuierait pas une seconde si l’auteur ne se perdait dans de pesants discours sur l’origine du mal, et la patience du diable, justement !

Le message est vraiment trop appuyé, d’autant plus qu’il passe par une héroïne qui finit par nous taper sur les nerfs, à force de se prendre pour le bras invincible de la justice. Je n’ai pas non plus trouvé que l’intrusion du fantastique au milieu de tout ça était très heureuse, on n’y croit encore moins. Ce qui faisait la force de La conjuration primitive, c’était le réalisme cru des choses. Ici, on a juste l’impression que l’auteur se rend brusquement compte des failles de son intrigue, qu’il y a quelque-chose qui ne fonctionne pas, et qu’il cherche à en rajouter une couche pour nous embarquer de force. Raté.

Si vous suivez régulièrement mes chroniques, vous savez que je suis une fan de Maxime Chattam, que j’ai tout lu de lui, quasiment, et aimé… presque tout ! Mais très sincèrement, La patience du diable n’a pas su me convaincre, et j’en suis la première navrée. Très envie d’un changement de registre de sa part.

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Nombre de pages : 496
Cycle : -
Éditeur : Albin Michel
Année de parution : 2014
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥

Le chuchoteur

de Donato Carrisi

Quatrième de couverture


Cinq petites filles ont disparu. Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière. Au fond de chacune, un petit bras, le gauche. Depuis qu'ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d'agents spéciaux ont l'impression d'être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d'un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d'appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d'enlèvement. Dans le huis clos d'un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs. Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure ? Un époustouflant thriller littéraire, inspiré de faits réels.

Le sentiment d'Aristide


« Nous fréquentons des gens dont nous pensons tout connaître, mais en fait nous ne savons rien d'eux. » Cette citation résume parfaitement ce dont il est question dans Le chuchoteur. Ça faisait un bon moment que j’entendais parler en bien de ce roman et de cet auteur, il était donc plus que temps que je m’y colle, et je n’ai pas été déçue. Il faut savoir que Donato Carrisi est juriste de formation, spécialisé en criminologie et en sciences du comportement. Il a même écrit une thèse sur un tueur en série italien. Bref, il sait de quoi il parle, et il est très habile à nous plonger au cœur d’une intrigue à la terrible noirceur.

Le récit débute sur une découverte assez glauque, celle de cinq petites tombes dans lesquelles se trouvent cinq bras gauches d’enfant disparus. Un sixième membre découvert à leurs côtés vient encore ajouter à l’horreur. L’équipe du professeur Gavila est chargée de l’enquête et va aller de découverte macabre en découverte encore plus macabre ! L’auteur alterne les points de vue, même si l’on suit principalement celui de Mila, une enquêtrice un peu particulière, elle-même confrontée à ses propres démons. Cette manière de construire son roman lui permet de nous maintenir, nous lecteurs, dans un suspens constant, d’autant qu’il aime visiblement terminer ses chapitres en cliffhanger.

Franchement, c’est un roman assez dense mais dont je n’ai vraiment pas vu s’écouler les pages. Même si tout n’est pas parfait. Bien sûr, on anticipe certaines choses, on se dit parfois que certains personnages sont bien bêtes de ne pas deviner tel ou tel développement, certaines ficelles sont un peu douteuses - l’intervention du médium, en particulier -, mais dans l’ensemble, et c’est ce que j’ai envie de retenir, l’auteur nous mène en bateau assez aisément, et nous réserve de bien « belles » surprises. Et le plus terrifiant dans tout ça, c’est la crédibilité qui se dégage de l’ensemble, le fait qu’on nous annonce que cette histoire est inspirée de faits réels. Ça fait froid dans le dos !

Un de ces thrillers extrêmement bien fichus, qui marquent les esprits et donnent envie de découvrir cet auteur plus avant. Lisez-le !

Pour plus d'informations


Nombre de pages : 440
Cycle : -
Éditeur : Calmann-Lévy
Année de parution : 2010
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

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