Fortune Cookies

de Silène Edgar

Quatrième de couverture


Bretagne, demain : Une coupure d’électricité plonge la petite vie de Blanche et Hadrien dans le noir, ainsi que toute l’Europe. Un mystérieux appel résonne sur les ondes : le gouvernement cache qu’il se passe quelque chose au Sud… la guerre ? Leur fille est loin, en vacances au-delà des Pyrénées. Hadrien décide de partir immédiatement à sa recherche, mais Blanche a peur.
Paris, après-demain : État d’urgence, peuple bâillonné. Blanche est devenue Bianca, résistante. Les opposants à la dictature médiatique utilisent les réseaux de consommation pour faire passer leurs messages, sur les barquettes de poulet, les barils de lessive ou dans les fortune cookies, mais, bientôt, il faudra aller plus loin. Bianca trouve de la force entre les bras de Joshua, et jamais elle ne parle ni d’Hadrien, ni d’Élisabeth.
Quelque chose a basculé sur la route.

Le sentiment d'Aristide


Difficile pour moi d’écrire cette chronique avec ce qui se passe en France en ce moment, mais j’avais heureusement découvert ce court roman paru dans la collection Snark chez Bragelonne avant les attentats de Paris. Le récit navigue entre deux époques. On suit Blanche, dont la vie va basculer le jour où une coupure d’électricité va plonger le pays dans le chaos ; et on la suit quelques temps plus tard, sous une nouvelle identité, après déclenchement de l’état d’urgence, dans une France devenue état policier. Difficile de ne pas faire le parallèle avec ce qui nous arrive, non ?

Fort heureusement, l’auteur ne s’attache pas vraiment à la crise elle-même mais plutôt aux diverses réactions des gens. Les conséquences des événements, d’un point de vue social et politique, sont immenses, et Silène Edgar nous livre un récit poignant, plein de tension et de rebondissements. Blanche va devoir apprendre à s’adapter, renoncer à des tas de choses qu’elle tenait pour acquises, revoir ses certitudes. C’est un personnage complexe qui nous renvoie à nous-même, de part la manière dont elle va devoir se confronter à la réalité et les choix qu’elle va faire. C’est un personnage qui change, qui évolue beaucoup tout au long du récit.

Le style est pour le moins percutant. Si cette histoire ne révolutionnera sans doute pas le genre, l’auteur réussit néanmoins à nous happer et à nous faire réfléchir tout en même temps. Le maître mot pour la décrire serait sans doute « efficace ». Un vrai bon moment en compagnie d’un auteur à surveiller. Pour les plus sensibles, je recommanderais cependant de ne pas lire cette novella en ce moment, son écho avec notre actualité étant un peu trop prononcé.

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Nombre de pages : 142
Cycle : -
Éditeur : Editions Bragelonne
Année de parution : 2014
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥

Revival

de Stephen King

Quatrième de couverture


La foudre est-elle plus puissante que Dieu ? Il a suffi de quelques jours au charismatique Révérend Charles Jacobs pour ensorceler les habitants de Harlow dans le Maine. Et plus que tout autre, le petit Jamie. Car l’homme et l’enfant ont une passion commune : l’électricité. Trente ans plus tard, Jamie, guitariste de rock rongé par l’alcool et la drogue, est devenu une épave. Jusqu’à ce qu’il croise à nouveau le chemin de Jacobs et découvre que le mot « Revival » a plus d’un sens... Et qu’il y a bien des façons de renaître ! Addiction, fanatisme, religion, expérimentations scientifiques… un roman électrique sur ce qui se cache de l’autre côté du miroir. Hommage à Edgar Allan Poe, Nathaniel Hawthorne et Lovecraft, un King d’anthologie.

Le sentiment d'Aristide


C’est toujours avec enthousiasme que je pars à la découverte d’un nouveau livre de Stephen King. Il est l’un des mes auteurs préférés, et c’est sans aucun doute pour son habileté à nous entraîner dans son univers, en nous proposant des personnages si réalistes, si pleins de substances qu’on en viendrait presque à les considérer comme réels, et des lieux tellement criants de vérité. J’aime sa plume et son obsession du détail, j’aime sa manière de tout décortiquer par le menu, avant que ne survienne l’élément déclencheur de ses histoires horrifiques.

Revival ne fait pas exception à la règle. La mise en situation est lente, comme d’habitude, j’ai envie de dire, mais c’est précisément ce qui va donner toute leur intensité aux événements à venir. On découvre Jamie, jeune garçon en quête d’affection, et d’attention surtout, issu d’une famille nombreuse. Sa vie bascule, sans qu’il puisse le deviner ou s’en rendre compte sur le moment, le jour où il fait la connaissance de Charles Jacobs, nouveau révérend du village. Ce dernier est un personnage ambigu, dès son apparition, mais il bascule du mauvais côté de la force lorsqu’il perd sa femme et son fils dans un horrible accident de la route. Et Jamie, tout au long de sa vie, va être entraîné dans cette infernale spirale.

De nombreux thèmes sont abordés dans ce roman. La manière dont un homme d’église peut gérer son deuil et son rapport à Dieu lorsque ce dernier lui a injustement arraché ceux qu’il aime ; les prédicateurs qui utilisent la religion pour amasser toujours plus d’argent en manipulant les pauvres pêcheurs que nous sommes ; l’addiction aux drogues, à l’alcool... Si l’horreur est bel et bien présente dans ce roman, elle passe par l’obsession d’un seul et unique personnage : Charles Jacobs. On retrouve également cette nostalgie qu’affiche l’auteur depuis quelques années de l’Amérique profonde des sixties, mélange de rock, de drogues et de religion.

Malgré une fin un peu prévisible et pas si grandiose que ce que la presse a bien voulu nous faire croire, c’est un roman que j’ai beaucoup aimé. L’intrigue et l’écriture sont très abouties, le personnage du pasteur est extraordinaire, et j’ai adoré baigner dans cette ambiance nostalgico-religieuse. Un excellent moment de lecture.

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Nombre de pages : 439
Cycle : -
Éditeur : Editions Albin Michel
Année de parution : 2015
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Phobos

de Victor Dixen

Quatrième de couverture


Six prétendantes d’un côté. Six prétendants de l’autre. Six minutes pour se rencontrer. L’éternité pour s’aimer. Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments séparés d’un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l’œil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l’émission de speed-dating la plus folle de l’Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars. Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l’une des six élues. Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour l’amour. Elle a signé pour un aller sans retour. Même si le rêve vire au cauchemar, il est trop tard pour regretter.

Le sentiment d'Aristide


Phobos est la petite bombe pour ados du moment. Pour ados, mais pas que, parce j’ai beau être moi-même mère d’un ado, j’ai beaucoup aimé cette histoire. Certains diront que je ne suis peut-être pas très objective, Victor Dixen étant l’un de mes auteurs préférés, mais je ne crois pas faire preuve de complaisance. Cette histoire est vraiment originale et bien fichue, tous les ingrédients sont réunis pour ça : une intrigue haletante, une héroïne attachante et des questions intéressantes à soulever quand on voit le nombre de télé-réalités qui fleurissent sur nos petits écrans.

Si vous suivez un tant soit peu l’actualité scientifique, vous ne pouvez pas être passé à côté : il est beaucoup question de Mars, depuis quelques temps. C’est le nouvel objectif spatial de l’humanité, et la planète rouge fait beaucoup parler d’elle. C’est le contexte qu’a choisi Victor Dixen pour son roman, une douzaine d’adolescents étant envoyés la coloniser. Mais s’arrêter là serait beaucoup trop simple, il a fait du voyage une télé-réalité. Une télé-réalité pour ados avec des ados, ouais, bof... J’entends ceux du fond qui ronchonnent déjà. L’intérêt, c’est quand même qu’on a la vision des participants, mais aussi celle des organisateurs, avec toutes leurs magouilles, toutes leurs combines pour manipuler tout ce petit monde. Et l’histoire prend alors une toute autre dimension.

Les personnages ont tous leurs particularités, et pour corser les choses, la production ne les a bien évidemment pas choisis sans raison, ils ont tous un secret plus ou moins avouables. J’ai généralement du mal avec les héroïnes de littérature jeunes adultes, qui ont tendance à me taper sur les nerfs. Mais ça n’a pas été le cas avec Léonor, ses failles la rendent terriblement attachante. On sent bien qu’elle essaie de s’assumer, mais que ses fêlures la rattrapent. Mon regret finalement, c’est qu’on suit assez peu les garçons dans ce premier tome, l’auteur n’adopte pas vraiment leur point de vue et c’est un peu dommage. Peut-être dans la suite, prévue pour le mois de novembre ? C’est proche et en même temps lointain, car l’auteur nous abandonne sur un atroce cliffhanger !

Un vrai coup de cœur donc ! On rentre très vite dans l’histoire et on ne s’ennuie pas une seule seconde, le récit est riche et nous tient en haleine. L’univers est résolument moderne, les personnages attachants, en particulier Léonor, et le petit côté thriller spatial fonctionne parfaitement bien. Vivement la suite, voilà c’que j’en dis !

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Nombre de pages : 433
Cycle : Phobos, tome 1
Éditeur : Editions Robert Laffont
Année de parution : 2015
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Regrets mécaniques

de Michèle Devernay

Quatrième de couverture


Un cœur, juste un cœur. Voilà ce dont Gabriel a besoin pour sauver son fils mortellement atteint. Et ce cœur, il sait où le trouver. À condition de faire taire sa conscience. Dans un Paris de fin de siècle, steampunk en diable, la traque commence.

Le sentiment d'Aristide


Plus d’un mois que je n’avais rien posté sur le blog, j’ai honte, mais je vais essayer de me rattraper en vous proposant deux chroniques d’ouvrages coup de cœur. Le premier est une courte nouvelle de Michèle Devernay, auteur isérois dont Regrets mécaniques est le tout premier travail édité aux éditions du 38, et édité tout court d’ailleurs. Une nouvelle à la base écrite dans le cadre d’un appel à textes de l’éditeur, dont le thème imposé était le fou, et c’est sur ce dernier que repose effectivement toute cette histoire.

Cette nouvelle met en scène le père d’une famille aisée, Gabriel Montfort, dont l’unique enfant, un adolescent de 17 ans prénommé Lucas, souffre d’une déficience cardiaque qui nécessiterait une greffe de cœur. Or, nous sommes en 1900, les greffes sont loin d’être au point, et même sans cela, où trouver un cœur compatible ? Le jeune Lucas semble bel et bien condamné, mais c’est compter sans la force de caractère de son père qui, lui, sait où trouver ce cœur et va tout mettre en œuvre pour sauver son fils.

Quel rapport avec le fou, vous allez me dire ! Ils sont multiples quand on y réfléchit, mais sans trop vous en dévoiler car ce serait vraiment dommage, Lulu Cabriole est celui qui va permettre à Gabriel de mener à bien son dessein. C’est un personnage extrêmement ambigu dont on se demande maintes fois quelles sont les motivations réelles. Je l’ai trouvé fascinant, on lui devine une prescience tout à fait terrifiante. Il m’a rappelé certains des personnages de Stephen King qui se nourrissent des émotions humaines, de leur peur aussi. A coté de lui forcément, les autres personnages paraissent un petit peu fades et stéréotypés, mais ils sont néanmoins attachants. Et puis Gabriel est intéressant lui aussi, dans ce rôle de père au désespoir qui fait fermement taire sa conscience pour sauver son enfant.

Enfin, j’aimerais évoquer un autre élément important, qui explique en partie mon coup de cœur pour cette nouvelle : les petites touches de steampunk disséminées par-ci par-là et qui, sans être trop appuyées, se fondent parfaitement bien aux éléments historiques de l’époque. Le récit se déroule en 1900, à la veille de l’Exposition Universelle, et c’est l’occasion pour Michèle Devernay de nous propulser au cœur d’un univers où la révolution industrielle s’est certes faite sur la base des machines à vapeur, mais qui reste néanmoins très proche de notre réalité de l’époque. Elle évoque la construction du pont Alexandre III, la mythique Rue de l’Avenir qui permettait de faire le tour de l’exposition à sept mètres du sol ou encore les « hirondelles », ces gardiens de la paix à vélo qui sillonnaient la ville. C’est comme si on y était ! Et à côté de ça, il est aussi question d’ombrelles mécaniques, ou de fiacres à vapeur dont le cocher est un automate... Je me suis laissée embarquer si facilement !

Mélange de fantastique, de steampunk et d’horreur, Regrets mécaniques est, à mon sens, une bien belle réussite, tant grâce à l’univers qu’elle nous propose qu’aux questions qu’elle soulève. Manipulation, éthique et désespoir sont autant de thèmes abordés ici, l’émotion est présente de bout en bout mais à aucun moment on ne tombe dans le pathétique, le larmoyant. J’ai passé un excellent moment de lecture, j’aurais juste aimé m’installer dans cet univers et côtoyer ces protagonistes un peu plus longtemps. Un auteur à suivre, à recommander, avec une mention spéciale au jeune dessinateur (il a 13 ans) de l’illustration intérieure.

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Nombre de pages : 27
Cycle : -
Éditeur : Editions du 38
Année de parution : 2015
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Oraisons

de Samantha Bailly

Quatrième de couverture


En Hélderion, la mort peut rapporter beaucoup… surtout à la famille Manérian, qui procède aux oraisons, les rites funéraires du royaume. Mais la réalité de la mort les frappe de plein fouet lorsqu’on retrouve le corps de leur plus jeune fille dans une ruelle sordide. Tout désigne les clans, ces dangereux rebelles qui s’opposent à Hélderion. Aileen, prête à tout pour venger sa cadette, se lance dans une enquête qui la mettra à rude épreuve. Noony, leur soeur aînée, se retrouve quant à elle aux premières loges de l’entrée en guerre de son pays contre le continent voisin. Mais elle est bien décidée à s’opposer à ce conflit qui pourrait tourner en véritable massacre. Prises dans des intrigues dont les enjeux les dépassent, les deux sœurs devront affronter le système qui les a forgées.

Le sentiment d'Aristide


Oraisons est l’intégrale d’une saga de fantasy écrite par Samantha Bailly à l’âge de 21 ans. C’était son tout premier roman, elle était très jeune, et j’ai envie de dire que cela se ressent. Non pas à cause de l’univers, somme toute assez classique pour un univers de fantasy. Bien que, s’il semble a priori riche et complexe, j’aurais néanmoins fortement apprécié d’avoir davantage de détails sur les différentes régions, leurs peuples et leurs cultures. Il y a de formidables idées, en particulier en ce qui concerne l’oraison, ou encore la relation entre les liés de Terre-Rouge, mais elles manquent de substance, elles ne sont pas assez creusées à mon goût.

Bref, en dehors de ce petit défaut, l’univers est agréable. En revanche, et c’est plus ennuyeux, je n’ai pas accroché, mais alors pas du tout, aux personnages. Aucune des deux sœurs ne m’a paru particulièrement sympathique, elles sont issues du même moule, construites sur le même modèle, et elles manquent atrocement de crédibilité. Quand l’une d’elles, encore toute jeune fille, décide brusquement et sans le moindre état d’âme, de se prostituer pour obtenir des informations sur le meurtre de sa cadette, et qu’on passe sur ce malheureux événement comme s’il s’agissait d’une course anodine, je suis désolée mais j’ai du mal... Les actions et les décisions s’enchaînent sans qu’on rentre une seule seconde dans leur psyché, et cela finit par nous laisser complètement indifférent.

A côté de ça, ça se lit très bien, la plume de l’auteur est agréable, fluide, pas forcément très recherchée mais ce n’est pas ce que je recherche en particulier. Cependant, moi qui m’attendais à une fresque grandiose et originale, j’avoue que la déconvenue a été rude. Je ne me suis pas sentie concernée par ce qui se passait, je me suis ennuyée, d’autant plus qu’on comprend finalement assez vite où l’auteur veut en venir. Certaines ficelles sont grossières, faciles, il faut bien le dire. Au final, des qualités (l’univers) et des défauts (les personnages), mais surtout un ouvrage qui aurait mérité d’être plus travaillé, plus abouti. Une déception.

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Nombre de pages : 716
Cycle : Oraisons, l'intégrale
Éditeur : Editions Bragelonne
Année de parution : 2013
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥

Parfaite

de Caroline Kepnes

Quatrième de couverture


Est-ce de l’amour ? De l’obsession ? Glissez-vous dans la peau d’un psychopathe pour qui la différence entre les deux est si infime… Lorsque Beck pousse la porte de sa librairie, Joe est immédiatement sous le charme. Ravissante, effrontée, sexy, elle est tout simplement tout ce qu’il cherche chez une femme. Et quand Joe aime, c’est d’un amour total, inconditionnel. Obsessionnel. Dangereux ? Il commence par infiltrer la vie de Beck par tous les moyens. Il se procure accès à ses mails, la suit virtuellement sur les réseaux sociaux et physiquement dans les rues de New York. Comme il sait tout d’elle, il devance ses moindres désirs. Il est sensible, romantique, toujours au bon moment au bon endroit. Mais si Beck ignore l’ampleur de l’obsession de son nouveau petit ami, Joe ne connaît pas non plus toutes les facettes de sa proie…

Le sentiment d'Aristide


C’est Stephen King lui-même qui a attiré mon attention sur ce livre il y a quelques mois, en le mentionnant sur Twitter. Aussi, quand je l’ai aperçu faisant partie des ouvrages proposés lors la dernière Masse Critique de Babelio, j’ai bien évidemment tenté de l’obtenir, curieuse. Et ô miracle, pour une fois, j’ai été sélectionnée !

C’est l’histoire de Joe, un libraire en apparence tout ce qu’il y a de plus normal, qui voit un jour une charmante jeune femme pénétrer dans sa boutique. Beck aime être populaire, se sentir aimée, désirée, et notre sympathique Joe va immédiatement tomber sous le charme. Ce qui va soudain le rendre nettement moins sympathique, car il ne va pas se contenter de tomber amoureux, il va développer une véritable obsession, celle d’un psychopathe pour sa victime. Laquelle, narcissique au possible, va singulièrement lui faciliter les choses en étalant sa vie privée sur les réseaux sociaux !

J’ai beaucoup aimé ce roman, justement à cause de la manière dont il aborde le thème très actuel des réseaux sociaux et des dangers inhérents. L’intrigue ne comporte pas de scène sanglante, elle plus psychologique qu’autre chose, mais très prenante. Joe est un personnage extrêmement déstabilisant, il est lunatique, un rien suffit à le faire changer d’humeur, et en plus, il est d’une jalousie maladive ce qui, dans le contexte de son obsession pour Beck, va le pousser au meurtre. Il est le narrateur, on a sa vision des choses, aussi manichéenne soit-elle, on est dans sa tête, et c’est vraiment très bien fait, on en arriverait presque à être d’accord avec lui par moments !

L’écriture est fluide, agréable, émaillée de quelques scènes de sexe assez crues, signalons-le quand même. Le rythme est assez lent, mais les chapitres courts redonnent un peu de dynamisme au roman. Malgré un dénouement un peu prévisible, j’ai trouvé cette lecture originale et plaisante. Le seul bémol que j’aurais à signaler, c’est le manque d’adrénaline, de tension, de ce petit frisson qui fait les grands thrillers. Mais ça reste une très bonne lecture, atypique et dérangeante.

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Nombre de pages : 460
Cycle : -
Éditeur : Editions Kero
Année de parution : 2015
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥

Le cycle de Z'arkán, tome 1

de Vanessa Du Frat

Quatrième de couverture


Alia, 2340 - Un étrange signal apparaît sur les écrans de surveillance ECO. Ludméa, jeune stagiaire envoyée sur le terrain pour chercher son origine, se retrouve en pleine tempête, au cœur de la forêt de Gonara. L’affaire semble intéresser de près Ruan Paso, directeur adjoint des départements militaires pour la recherche scientifique, un homme plein de secrets.
Terre, 2066 - Les jumeaux Line et Lúka tentent de survivre sous le joug d’un père violent, obsédé par ses manipulations génétiques. Leur existence triste et routinière est chamboulée le jour où Lúka désobéit aux ordres en laissant s’évader un sujet d’une importance capitale… ce qui ne restera pas sans conséquences pour le futur.

Le sentiment d'Aristide


Au début de l’année, mon amie Kahlan, du blog eTemporel, proposait, à qui voulait bien participer, une lecture commune du premier tome de l’étonnante saga Les enfants de l’Ô, de Vanessa Du Frat. L’auteur avait en effet décidé de republier gratuitement sur son site, chapitre par chapitre chaque lundi matin, ce premier opus intitulé Le cycle de Z'arkán, tome 1. C’était l’occasion de le lire à plusieurs, tous au même rythme ou presque, et j’ai bien sûr décidé de participer.

Dès les premières lignes, on est plongé dans une intrigue très étrange, avec une jeune femme enceinte jusqu’aux yeux qui fuit dans la forêt, en pleine tempête. Lyen a été enlevée à sa famille dès son plus jeune âge et a subi, depuis qu’elle est en âge de procréer, nombre d’inséminations artificielles. D’emblée, la tension qui se dégage de cette première scène est palpitante, et mon enthousiasme était à la mesure de cette entrée en matière. Dès lors, le récit alterne entre deux époques et deux lieux distincts, deux planètes pour tout vous dire, dont on ne tarde pas à comprendre qu’elles sont reliées par une espèce de portail.

Ce qui se dégage avant tout de ce roman où le secret est élevé comme un culte, c’est cette sombre part de mystère, justement. Alors vous allez me dire que c’est sans doute une très bonne chose, mais à la longue, c’est quand même la frustration qui l’emporte, parce que nombre de points sont loin d’être résolus à la fin. A trop vouloir préserver son intrigue et s’attacher aux moindres détails de la vie de ses personnages, Vanessa Du Frat ne réussit qu’à émousser notre intérêt. En effet, les deux histoires d’amour à la « Je t’aime, moi non plus », de Ruan/Ludméa d’une part et Lúka/Line d’autre part, finissent par devenir ennuyeuses au possible, et c’est bien dommage...

Amateurs de science-fiction, prenez garde, ce n’est pas vraiment le propos de ce roman ! Pour l’apprécier pleinement, mieux vaut chérir les mystères irrésolus, ou résolus en partie seulement, et les histoires d’amour dramatiques. Quant à moi, je lirai sûrement la suite, parce que j’ai quand même envie d’avoir le fin mot de l’histoire, mais ce ne sera pas pour tout de suite.

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Nombre de pages : 440
Cycle : Les Enfants de l'Ô
Éditeur : Chromosome
Année de parution : 2013
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥

Le journal de Bridget Jones

de Helen Fielding

Quatrième de couverture


Célibataire londonienne de 30 ans, Bridget Jones décide de tenir un journal intime et de prendre des bonnes résolutions : arrêter de fumer, perdre du poids et surtout trouver enfin un petit ami correct. Daniel Cleaver le coureur de jupons ? Ou Mark Darcy le psycho-rigide ? Ce livre fait largement écho à Orgueil et Préjugés de Jane Austen (noms, caractères, histoire...), mais avec une vision contemporaine et extrêmement humoristique. Helen Fielding approche de manière réussie et corrosive sa société dans ce roman ainsi que dans sa suite, Bridget Jones : L'âge de raison.

Le sentiment d'Aristide


Qui ne connaît pas Bridget Jones, ne serait-ce que par l’intermédiaire des deux films sortis au début des années 2000 ? J’avais adoré ces films à l’humour très rafraîchissant, et je me suis enfin décidée à me lancer dans le premier des trois livres de la saga d’Helen Fielding dont ils sont issus. Un grand merci au passage à Gabrielle, qui me l’a offert dans un swap organisé sur l’Imag’In Café. Le journal de Bridget Jones nous propose donc les chroniques délirantes d’une célibataire londonienne de 30 ans, célibataire et sans enfant.

Il est vraiment très rare que l’adaptation cinématographique d’un livre soit meilleure que son original, et c’est pourtant tout à fait ce que j’ai ressenti ici. Comme le veut son titre, le roman se présente sous la forme d’un journal intime, dans lequel Bridget nous expose tous ses petits problèmes, de poids, relationnels et surtout sentimentaux. Mais autant je l’avais trouvée attendrissante et drôle dans le film, autant elle m’a paru ici futile et un peu bête, presque agaçante pour tout dire. A moins que ce ne soit tout bonnement parce que j'ai moi-même mûri, allez savoir !

Bon après, l’auteur manie parfaitement le style « journal intime » et les situations toutes plus délirantes les unes que les autres restent amusantes, je ne dis pas le contraire. Bridget prend sans cesse de bonnes résolutions qu’elle s’empresse d’oublier l’instant d’après ! Mais je ne me suis pas franchement retrouvée dans ce personnage pas si attachant, tout compte fait. On cherche à nous faire croire que chacune d'entre nous est Bridget Jones, quelque part, mais j'ose espérer que ce n'est pas le cas !

Bref, une lecture bien fade à côté d’un film qui m’avait beaucoup fait rire, c'est assez rare pour mériter d'être signalé. J’avais l’intention de lire toute la saga, mais pour le moment, je n’en ai plus réellement envie.

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Nombre de pages : 338
Cycle : Bridget Jones
Éditeur : J'ai Lu
Année de parution : 2013
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥

Les yeux de Leïlan

de Magali Ségura

Quatrième de couverture


Il est un royaume mystérieux que l'on nomme Leïlan, le pays des Illusions. Depuis qu'un drame affreux a frappé la famille royale, ses frontières sont fermées et son peuple est opprimé par l'infâme duc Korta. Une rencontre pourrait tout changer : celle d'un jeune messager, Axel, et d'une fascinante jeune fille aux yeux bleus. Mais un secret entouré de sorcellerie les sépare et rend leur amour impossible. Pourtant, autour d'eux, l'espoir renaît : un justicier insaisissable met les hommes du duc en échec. Qui est ce héros dont l'identité cachée est jalousement défendue ? Quelle est cette étonnante compagnie qui partage ses exploits ?

Le sentiment d'Aristide


Voilà un roman qui m’intriguait depuis pas mal de temps ! Pourquoi ? Je ne sais pas très bien au juste, car personne dans mon entourage ne l’a encore lu et n’a donc pu me le conseiller... J'ai l'impression que tout le monde achète ce livre un peu par hasard, et les avis sont assez tranchés. Certains ont été réellement conquis quand d'autres se sont plaints de personnages clichés et d'un manque d'originalité. Quoi de mieux que de se faire son propre avis, n'est-ce pas ?

En toute honnêteté, j'avoue avoir été un peu déçue, même si je ne savais pas très bien à quoi m'attendre. C'est de la fantasy, certes, mais de la fantasy extrêmement classique et sans réelle originalité, je partage ce sentiment. Cela reste plaisant à lire, mais l'intrigue laisse un arrière goût de déjà-vu et c'est dommage, j'attendais tellement plus de ce pays des illusions. Les personnages quant à eux sont attachants mais, encore une fois, ils sont stéréotypés au possible, et un petit peu creux, pas assez aboutis. Ils manquent cruellement de consistance, on voit presque à travers, comme des fantômes !

En réalité, j'ai envie de dire que cela ressemble à de la fantasy jeunesse, sans forcément de connotation péjorative, mais disons qu'on reste un peu trop à la surface des choses, et les nobles sentiments sont bien trop présents à mon goût. Et le style de l'auteur n'y est pas pour rien, c'est comme si elle marchait sur des œufs ! Malgré tout, cela se laisse lire, bien que le début soit un peu laborieux, mais cela ne marquera sûrement pas les esprits, en tous cas pas le mien, beaucoup trop classique.

Un roman qui plaira peut-être à ceux qui découvrent le genre, mais que les habitués trouveront bien fades d'autant que l'on devine l'unique retournement de situation avant même d'avoir commencé le livre... Sans réelle saveur.

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Nombre de pages : 347
Cycle : Leïlan
Éditeur : Milady
Année de parution : 2008
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥

Le vol des dragons

de Robin Hobb

Quatrième de couverture


Les dragons et leurs gardiens dévoués ont enfin trouvé la cité perdue de Kelsingra. Les créatures magiques ont appris à utiliser leurs ailes et rentrent dans leur héritage, tandis que les humains changent eux aussi. Leurs liens avec leurs dragons s'approfondissant, Thymara, Tatou, Kanaï et même Sédric, le plus improbable des gardiens, commencent à se transformer en magnifiques Anciens, dotés de traits exquis qui reflètent les dragons qu'ils servent. Mais si les humains ont exploré les rues désertes et les immenses édifices de Kelsingra, ils n'ont pas découvert les légendaires puits d'argent dont les dragons ont besoin pour leur santé et leur existence. Des ennemis approchent, et les gardiens vont devoir s'immerger dans les souvenirs d'Anciens disparus depuis des éternités, au risque d'en devenir dépendants, pour y puiser les indices nécessaires à leur survie.

Le sentiment d'Aristide


C’est avec grand plaisir que j’ai retrouvé tous les personnages de cette saga qui touche à sa fin puisque Le vol des dragons en est l’avant-dernier tome. Ici, on a vraiment l’impression que la trame de l’histoire se déploie enfin, même si les différents fils directeurs commencent à converger vers un dénouement que l’on commence à redouter.

Kelsingra est au cœur du récit, mais la menace qui pèse sur elle se fait aussi de plus en plus précise. Elle se dévoile peu à peu dans toute sa grandeur déchue, magnifique et mélancolique tout à la fois. Les dragons n’y sont pas pour rien d’ailleurs ; en redevenant les maîtres du ciel, ils retrouvent leur majesté, deviennent enfin ce qu’ils sont censés être : des créatures imposantes et grandioses, puissantes, que l’on craint autant qu’on les aime.

Dans ce roman, j’ai particulièrement apprécié les références aux autres sagas de l’auteur : les personnages des Aventuriers de la Mer, dont il est agréable d’avoir des nouvelles, mais surtout l’Argent, la magie de l’Assassin Royal. Tout se recoupe et donne une bien belle cohérence à l’univers de Robin Hobb, lui apportant plus de profondeur encore, plus de richesse. J’ai moins aimé les passages se déroulant en Chalcède avec Selden en revanche. On se demande un peu ce que ça vient faire là, et puis Selden ne m’a jamais beaucoup intéressée.

Un 7ième tome que j’ai finalement dévoré. Je sais bien que je devrais faire durer, car la série approche de son dénouement et que ce me sera un véritable crève-cœur que de tous les quitter, mais je n’y arrive pas. Quand j’ai un Robin Hobb dans les mains, il ne fait généralement pas long feu ! Bref, un des meilleurs tomes des Cités des Anciens.

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Nombre de pages : 335
Cycle : Les Cités des Anciens
Éditeur : Pygmalion
Année de parution : 2013
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Un avion sans elle

de Michel Bussi

Quatrième de couverture


Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l'identité de l'unique rescapé d'un crash d'avion, un bébé de 3 mois ? Deux familles, l'une riche, l'autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les médias ont baptisée Libellule. Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l'histoire, avant d'être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête. Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu'à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu'à ce que les masquent tombent...

Le sentiment d'Aristide


Premier roman de Michel Bussi, dont je découvrais la plume à l’occasion d’une lecture commune organisée sur l’Imag’In Café, Un avion sans elle est un roman addictif, un suspens suffisamment haletant pour que l’on répugne à poser son livre, serait-ce pour aller bosser ou nourrir sa petite famille ! Ne vous attendez pas à un polar noir, ou à un thriller un peu gore, ce n’est pas du tout ça. S’il s’agit bel et bien d’une enquête policière, d’un roman plein de rebondissements et de suspens, c’est également une véritable quête d’identité.

Le style de Michel Bussi est très agréable, faute d’être extrêmement recherché, mais je préfère ça, personnellement. Il alterne les points de vue, nous faisant découvrir les dessous de l’enquête à travers le regard de Marc, le frère aîné supposé de la jeune Libellule, et sa lecture du carnet d’enquête du détective privé Crédule Grand-Duc. Palpitant, on comprend bien pourquoi ce roman a tant fait parler de lui lors de sa sortie ! Les traits de caractère des personnages sont un peu trop appuyés à mon goût, ce qui les rend très prévisibles, mais ils restent attachants, y compris l'instable Malvina.

Quête d'identité tout autant que de vérité, Un avion sans elle aborde, sous couvert de l'enquête, des thèmes intéressants et profonds. Peut-on grandir et s'épanouir complètement quand on ne sait pas précisément d'où l'on vient ? Comment élever un enfant avec lequel on ne partage pas les liens du sang ? L'argent peut-il réellement tout acheter ? Doit-on protéger à tout prix son enfant, y compris de la vérité ? Il est même question d'inceste ! Un petit côté psychologique qui m'a agréablement changée des thrillers sanglants que je lis habituellement.

Un roman à découvrir, un page-turner plein de suspens et d'humanité.

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Nombre de pages : 573
Cycle : -
Éditeur : Pocket
Année de parution : 2013
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥

Le héros des siècles

de Brandon Sanderson

Quatrième de couverture


Pour mettre fin à la tyrannie, Vin a tué le Seigneur Maître. Mais en essayant de fermer le Puits de l’Ascension, elle a laissé s’échapper une des formes maléfiques de l’Insondable. Depuis, ses Inquisiteurs et les brumes font toujours plus de victimes, tandis que les cendres qui tombent du ciel sont devenues incroyablement lourdes, menaçant d’ensevelir le pays et d’affamer les hommes. Vin et l’empereur Elend Venture espèrent sauver ce qui peut encore l’être. Mais pour cela, ils devront découvrir les derniers secrets du Seigneur Maître : l’ultime cachette d’atium, le plus puissant métal des Fils-des-Brumes, et l’identité du Héros des Siècles.

Le sentiment d'Aristide


Il aura fallu attendre la toute fin de la trilogie Fils-des-Brumes pour mesurer l’ampleur du talent de Brandon Sanderson. J’avais adoré le premier tome, mais trouvé le second un petit peu laborieux à lire, pas inintéressant, mais long, terriblement long, et sans raison particulière. Mais Le héros des siècles voit converger tous les éléments, tous sans la moindre exception, qui nous restaient obscurs, chacun trouve sa place, et quelle place !

L’auteur m’a véritablement bluffée, dans le sens où l’on se rend très bien compte ici que, dès le commencement de la saga, il avait une idée extrêmement précise de ce vers quoi il voulait aller. L’univers est complexe, très riche, avec des peuples bien à lui, une magie bien à lui. Chaque tome est plus ou moins consacré à une forme de magie différente, toutes dérivées de la magie des métaux. Ici, on découvre l’hémalurgie. On apprend aussi les origines des Koloss, des Kandras et même des Inquisiteurs. Tout s’explique, tout se recoupe, c’est très agréable.

L’identité de ce fameux héros dont on a jusqu’ici déjà beaucoup entendu parler nous est également enfin révélée. Alors c’est vrai, j’avais fini par deviner de qui il s’agissait, mais malgré tout, l’auteur nous réserve quelques surprises, qui sont toujours bienvenues. Certains lui reprocheront sans doute l’aspect trop mystique de son dénouement, mais n’a-t-il pas été question de divinité tout le long de la saga ? Cela reste cohérent.

Au final, une saga tellement bien maîtrisée qu’il serait fort dommage de passer à côté. Brandon Sanderson a de la verve, c’est sûr, et certains passages sont un petit peu longs, mais il est doté d’une grande inventivité et d’un don véritable pour nous mener par le bout du nez. Pour les amateurs d’une Fantasy où orcs, elfes et autres créatures devenues tellement classiques n’ont pas leur place, une Fantasy originale, riche et maîtrisée.

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Nombre de pages : 672
Cycle : Fils-des-Brumes, tome 3
Éditeur : Orbit
Année de parution : 2011
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥

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