Fortune Cookies

de Silène Edgar

Quatrième de couverture


Bretagne, demain : Une coupure d’électricité plonge la petite vie de Blanche et Hadrien dans le noir, ainsi que toute l’Europe. Un mystérieux appel résonne sur les ondes : le gouvernement cache qu’il se passe quelque chose au Sud… la guerre ? Leur fille est loin, en vacances au-delà des Pyrénées. Hadrien décide de partir immédiatement à sa recherche, mais Blanche a peur.
Paris, après-demain : État d’urgence, peuple bâillonné. Blanche est devenue Bianca, résistante. Les opposants à la dictature médiatique utilisent les réseaux de consommation pour faire passer leurs messages, sur les barquettes de poulet, les barils de lessive ou dans les fortune cookies, mais, bientôt, il faudra aller plus loin. Bianca trouve de la force entre les bras de Joshua, et jamais elle ne parle ni d’Hadrien, ni d’Élisabeth.
Quelque chose a basculé sur la route.

Le sentiment d'Aristide


Difficile pour moi d’écrire cette chronique avec ce qui se passe en France en ce moment, mais j’avais heureusement découvert ce court roman paru dans la collection Snark chez Bragelonne avant les attentats de Paris. Le récit navigue entre deux époques. On suit Blanche, dont la vie va basculer le jour où une coupure d’électricité va plonger le pays dans le chaos ; et on la suit quelques temps plus tard, sous une nouvelle identité, après déclenchement de l’état d’urgence, dans une France devenue état policier. Difficile de ne pas faire le parallèle avec ce qui nous arrive, non ?

Fort heureusement, l’auteur ne s’attache pas vraiment à la crise elle-même mais plutôt aux diverses réactions des gens. Les conséquences des événements, d’un point de vue social et politique, sont immenses, et Silène Edgar nous livre un récit poignant, plein de tension et de rebondissements. Blanche va devoir apprendre à s’adapter, renoncer à des tas de choses qu’elle tenait pour acquises, revoir ses certitudes. C’est un personnage complexe qui nous renvoie à nous-même, de part la manière dont elle va devoir se confronter à la réalité et les choix qu’elle va faire. C’est un personnage qui change, qui évolue beaucoup tout au long du récit.

Le style est pour le moins percutant. Si cette histoire ne révolutionnera sans doute pas le genre, l’auteur réussit néanmoins à nous happer et à nous faire réfléchir tout en même temps. Le maître mot pour la décrire serait sans doute « efficace ». Un vrai bon moment en compagnie d’un auteur à surveiller. Pour les plus sensibles, je recommanderais cependant de ne pas lire cette novella en ce moment, son écho avec notre actualité étant un peu trop prononcé.

Pour plus d'informations


Nombre de pages : 142
Cycle : -
Éditeur : Editions Bragelonne
Année de parution : 2014
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥

Revival

de Stephen King

Quatrième de couverture


La foudre est-elle plus puissante que Dieu ? Il a suffi de quelques jours au charismatique Révérend Charles Jacobs pour ensorceler les habitants de Harlow dans le Maine. Et plus que tout autre, le petit Jamie. Car l’homme et l’enfant ont une passion commune : l’électricité. Trente ans plus tard, Jamie, guitariste de rock rongé par l’alcool et la drogue, est devenu une épave. Jusqu’à ce qu’il croise à nouveau le chemin de Jacobs et découvre que le mot « Revival » a plus d’un sens... Et qu’il y a bien des façons de renaître ! Addiction, fanatisme, religion, expérimentations scientifiques… un roman électrique sur ce qui se cache de l’autre côté du miroir. Hommage à Edgar Allan Poe, Nathaniel Hawthorne et Lovecraft, un King d’anthologie.

Le sentiment d'Aristide


C’est toujours avec enthousiasme que je pars à la découverte d’un nouveau livre de Stephen King. Il est l’un des mes auteurs préférés, et c’est sans aucun doute pour son habileté à nous entraîner dans son univers, en nous proposant des personnages si réalistes, si pleins de substances qu’on en viendrait presque à les considérer comme réels, et des lieux tellement criants de vérité. J’aime sa plume et son obsession du détail, j’aime sa manière de tout décortiquer par le menu, avant que ne survienne l’élément déclencheur de ses histoires horrifiques.

Revival ne fait pas exception à la règle. La mise en situation est lente, comme d’habitude, j’ai envie de dire, mais c’est précisément ce qui va donner toute leur intensité aux événements à venir. On découvre Jamie, jeune garçon en quête d’affection, et d’attention surtout, issu d’une famille nombreuse. Sa vie bascule, sans qu’il puisse le deviner ou s’en rendre compte sur le moment, le jour où il fait la connaissance de Charles Jacobs, nouveau révérend du village. Ce dernier est un personnage ambigu, dès son apparition, mais il bascule du mauvais côté de la force lorsqu’il perd sa femme et son fils dans un horrible accident de la route. Et Jamie, tout au long de sa vie, va être entraîné dans cette infernale spirale.

De nombreux thèmes sont abordés dans ce roman. La manière dont un homme d’église peut gérer son deuil et son rapport à Dieu lorsque ce dernier lui a injustement arraché ceux qu’il aime ; les prédicateurs qui utilisent la religion pour amasser toujours plus d’argent en manipulant les pauvres pêcheurs que nous sommes ; l’addiction aux drogues, à l’alcool... Si l’horreur est bel et bien présente dans ce roman, elle passe par l’obsession d’un seul et unique personnage : Charles Jacobs. On retrouve également cette nostalgie qu’affiche l’auteur depuis quelques années de l’Amérique profonde des sixties, mélange de rock, de drogues et de religion.

Malgré une fin un peu prévisible et pas si grandiose que ce que la presse a bien voulu nous faire croire, c’est un roman que j’ai beaucoup aimé. L’intrigue et l’écriture sont très abouties, le personnage du pasteur est extraordinaire, et j’ai adoré baigner dans cette ambiance nostalgico-religieuse. Un excellent moment de lecture.

Pour plus d'informations


Nombre de pages : 439
Cycle : -
Éditeur : Editions Albin Michel
Année de parution : 2015
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

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