Smog of Germania

de Marianne Stern

Quatrième de couverture


Germania, début des années 1900, capitale du Reich. À sa tête, le Kaiser Wilhem, qui se préoccupe davantage de transformer sa cité en quelque chose de grandiose plutôt que de se pencher sur la guerre grondant le long de la frontière française - et pour cause : on dit qu'il n'a plus tous ses esprits. Un smog noir a envahi les rues suite à une industrialisation massive, au sein duquel les assassins sont à l'oeuvre. Une poursuite infernale s'engage dans les rues et les cieux de Germania le jour où la fille du Kaiser échappe de peu à une tentative de meurtre. Objectif : retrouver les commanditaires. La chose serait bien plus aisée s'il ne s'agissait pas en réalité d'un gigantesque complot, qui se développe dans l'ombre depuis trop longtemps.

Le sentiment d'Aristide


C’est dans le cadre du challenge Mercure et Roues Crantées organisé sur l’Imag’In Café que j’ai emprunté ce roman à la bibliothèque. L’histoire débute au tout début du vingtième siècle, dans une Germania steampunk qui subit les excès de l’industrialisation à outrance, dont le principal est la pollution. On suit Viktoria, la fille du Kaiser, entraînée bien malgré elle dans une aventure faite d’intrigues et de complots et qui la dépasse complètement.

C’est un roman sympathique, efficace et divertissant. L’ambiance est assez sombre, mais le style de l’auteur est vraiment dynamique et on se retrouve très vite happé par cette histoire pleine de rebondissements et de retournements de situation. Tout va très vite entre complots, trahisons et jeux de pouvoir et cette pauvre Viktoria est sans cesse trimballée de droite et de gauche sans bien comprendre ce qu’il lui arrive. Le récit est cohérent, avec juste ce qu’il faut de politique pour lui donner une assise bien stable et nous donner envie de savoir ce qui se trame.

Alors je ne vais pas prétendre ce roman complètement dénué de défauts. L’auteur fait durer le mystère, un peu trop probablement, ce qui rend le dénouement un peu laborieux, et a tendance à frustrer le lecteur une partie du récit. Mais le point fort de Smog of Germania est clairement l’univers développé par Marianne Stern. Bien qu’assez classique, il est solide et bien construit et j’ai adoré l’idée des créateurs. L’ambiance est sombre, presque poisseuse, ce qui plonge le lecteur dans une atmosphère étouffante qui colle parfaitement bien au thème.

Pour finir, les personnages sont accrocheurs et complexes, en particulier Maxwell et Jeremiah, dont l’aspect un peu froid cache une profonde humanité. J’ai eu un peu plus de mal avec Viktoria, qui passe un peu pour la blonde de service, mais elle n’est pas inintéressante et va parfaitement dans son rôle ! Au final, un roman qui remplit bien son office, distrayant et nerveux, avec un univers fort sympathique, une intrigue tout à fait plaisante et des personnages intéressants. A savourer sans se prendre la tête.

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Nombre de pages : 343
Cycle : -
Éditeur : Editions du Chat Noir
Année de parution : 2015
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Silo

de Hugh Howey

Quatrième de couverture


Dans un futur postapocalyptique indéterminé, quelques milliers de survivants ont établi une société dans un silo souterrain de 144 étages. Les règles de vie sont strictes. Pour avoir le droit de faire un enfant, les couples doivent s’inscrire à une loterie. Mais les tickets de naissance des uns ne sont redistribués qu’en fonction de la mort des autres. Les citoyens qui enfreignent la loi sont envoyés en dehors du silo pour y trouver la mort au contact d’un air toxique. Ces condamnés doivent, avant de mourir, nettoyer à l’aide d’un chiffon de laine les capteurs qui retransmettent des images de mauvaise qualité du monde extérieur sur un grand écran, à l’intérieur du silo. Ces images rappellent aux survivants que ce monde est assassin. Mais certains commencent à penser que les dirigeants de cette société enfouie mentent sur ce qui se passe réellement dehors et doutent des raisons qui ont conduit ce monde à la ruine.

Le sentiment d'Aristide


Voilà un livre qui a fait couler beaucoup d’encre en tant que phénomène de l’autoédition. C’est ensuite avec lui qu’Actes Sud a lancé sa collection dédiée à l’imaginaire, Exofictons. On y suit un certain nombre de personnages qui vivent en vase clos dans un silo souterrain aux règles très strictes que certains esprits ont bien du mal à accepter. Mais leur dit-on vraiment tout à propos de ce silo ?

La première partie nous propose de découvrir les différents personnages et leurs histoires respectives. La seconde voit converger l’ensemble. L’univers, sans être d’une originalité fracassante, est vraiment bien construit et intrigant. On s’intéresse de près au fonctionnement du silo et à ses mystères. On voyage beaucoup à l’intérieur du silo, on découvre les us et coutumes de ses habitants et l’atmosphère qui règne à l’intérieur.

Les personnages sont, quant à eux, plutôt convaincants et surtout attachants. Ils sont au cœur de l’intrigue, on sent bien que Hugh Howley s’est attaché à eux et à leur évolution psychologique. Relations entre individus, conflits découlant de l’enfermement, rivalités en tous genres parsèment le récit et lui donne finalement corps. Malgré cela, ne vous y trompez pas, le suspens est omniprésent dans cette histoire.

Bref, je l’ai littéralement dévorée, sans m’ennuyer une seule seconde. Le récit est équilibré et l’intrigue se tient parfaitement. Un roman qui vous happe littéralement et vous entraîne dans les entrailles de ce silo géant !

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Nombre de pages : 740
Cycle : Silo, tome 1
Éditeur : Le Livre de Poche
Année de parution : 2016
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Je suis Pilgrim

de Terry Hayes

Quatrième de couverture


Pilgrim est le nom de code d’un homme qui n’existe pas. Il a autrefois dirigé une unité spéciale du Renseignement américain. Avant de prendre une retraite dans l’anonymat le plus total, il a écrit le livre de référence sur la criminologie et la médecine légale. Mais son passé d'agent secret va bientôt le rattraper... Une jeune femme assassinée dans un hôtel sinistre de Manhattan. Un père décapité en public sous le soleil cuisant d’Arabie saoudite. Un chercheur torturé devant un laboratoire de recherche syrien ultrasecret. Des cadavres encore fumants trouvés dans les montagnes de l’Hindu Kush. Un complot visant à commettre un effroyable crime contre l’humanité. Et un fil rouge, reliant tous ces événements, qu'un homme est résolu à suivre jusqu’au bout.

Le sentiment d'Aristide


Une chose essentielle au sujet de ce roman : ce n’est pas un thriller ! Il me semble important de lever ce malentendu, puisqu’il est souvent catégorisé comme tel sur les différentes plateformes de vente en ligne, ou encore sur les communautés consacrées aux livres. C’est un roman d’espionnage, dans lequel on suit Pilgrim, un agent américain, sur les traces d’un terroriste surnommé le Sarrasin.

Autant dire que, moi qui ne suis pas très férue d’histoires d’espions, j’ai eu un peu de mal à terminer cet ouvrage. D’autant plus que la première partie n’est pas des plus palpitantes ! L’auteur met en place différentes intrigues autour d’un meurtre dans un hôtel, du passé de Pilgrim, de celui du Sarrasin, dont on se doute bien qu’elles vont finir par converger, mais qui mettent un temps fou à converger ! C’est long, mais c’est long…

Le style est pourtant efficace, doté d’une certaine force narrative ; plusieurs passages sont vraiment très réussis et donnent à réfléchir. Cependant, on ne prend la véritable mesure de la qualité de ce récit qu’une fois qu’on l’a terminé, quand tout se combine enfin. Et comme il s’agit d’un roman de plus de 900 pages en poche, le temps paraît souvent tourner au ralenti.

Encore une fois, déçue par ce que l’on m’a vendu comme un thriller et qui n’en est absolument pas un !

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Nombre de pages : 910
Cycle : -
Éditeur : Le Livre de Poche
Année de parution : 2015
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥

Block 46

de Johana Gustawsson

Quatrième de couverture


Falkenberg. Suède. Le commissaire Bergström retrouve le cadavre nu et gelé d'une femme aux abords de la plage d'Olofsbo. Londres. Profileuse de renom, la ténébreuse Emily Roy enquête sur une série de meurtres d'enfants dont les corps sauvagement mutilés ont été abandonnés dans les bois d'Hampstead, au nord de la ville. Ils présentent les mêmes mutilations que la victime suédoise : trachée arrachée, yeux énucléés et un mystérieux Y gravé sur le bras. Etrange serial killer, qui change de type de proie et de lieu de chasse... Pourrait-il s'agir d'un tandem de sociopathes ?

Le sentiment d'Aristide


Block 46 est un de ces romans ambitieux qu’on adore ou qu’on déteste, mais qui ne laisse sûrement pas indifférent. Un thriller aux allures de polar suédois, une plongée dans l’âme d’un serial killer et en même temps, le rappel des atrocités commises pendant la Seconde Guerre Mondiale dans les camps de concentration. Un roman que l’on aborde sur la pointe des pieds en retenant son souffle.

Le récit navigue en permanence entre l’enquête de police et l’enfer des camps. Le lecteur impuissant est confronté à l’horreur de la déportation, les terribles conditions de vie des prisonniers, affamés, réduits en esclavage, humiliés et torturés quand ils ne sont pas purement tués. Et puis il y a le block 46, celui des expériences médicales… Petite fille de déporté, l’auteur s’est clairement documenté pour évoquer toutes ces horreurs avec toute la pudeur mais aussi le réalisme voulu.

En parallèle, l’enquête avance pas à pas, avec un souci du détail là encore nettement perceptible. Le récit adopte plusieurs points de vue, celui de chacune des deux enquêtrices, mais aussi celui du tueur, et les styles sont à chaque fois différents. Tout est parfaitement maîtrisé. Les personnages, surtout ce beau duo de femmes, sont intéressants et originaux. Et si le dénouement est un poil prévisible, il n’en reste pas moins que j’ai passé un excellent moment de lecture, dur, mais aussi palpitant.

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Nombre de pages : 336
Cycle : -
Éditeur : Bragelonne
Année de parution : 2015
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥

Leviathan

de Scott Westerfeld

Quatrième de couverture


1914. A l'aube de la Première Guerre mondiale. D'un côté, les darwinistes (Anglais, Français), adeptes du tout biologique et rois de la manipulation génétique. De l'autre, la civilisation ultra-mécanique, les clankers (Allemands, Autrichiens.) La guerre éclate avec l'assassinat de l'Archiduc François-Ferdinand. Alek, son fils, menacé lui-aussi de mort, prend la fuite sur un robot de combat bipède bardé de mitrailleuses. Il réussit à rejoindre la Suisse et se cache dans un vieux château en ruines. Pendant ce temps, la jeune Ecossaise Deryn Sharp, orpheline, s'habille en garçon et se fait engager dans l'Air Service (forces aériennes britanniques). Après un premier vol d'essai mouvementé aux commandes d'une méduse volante, elle rejoint l'équipage du Léviathan, sorte de baleine géante gonflée à l'hydrogène. A son bord, un chargement biologique, classé secret défense. Ils volent vers Constantinople, mais les Allemands les attaquent et le Léviathan s'écrase dans les Alpes. C'est là que Deryn, toujours déguisée en homme, fait la rencontre explosive d'Alek...

Le sentiment d'Aristide


Avant de parler du contenu, on va parler du contenant ! Ce livre nous est proposé avec une magnifique couverture à effet relief métallisé, qui illustre parfaitement l'aspect steampunk de l'histoire. Moi qui suis une fervente partisane des prêts en bibliothèque, je n'ai pas pu m'empêcher de me le procurer après lecture pour le conserver. A l'intérieur, vous découvrirez une merveilleuse carte de l'Europe et pratiquement chaque chapitre possède une illustration en noir et blanc. Bref, un objet livre comme on aimerait en voir plus souvent.

Parlons du contenu à présent. Le point fort de ce roman est très clairement son univers, une uchronie très bien construite sur la base de la Première Guerre Mondiale. Les deux camps qui s'affrontent chez Scott Westerfield le font avec des moyens bien différents. Les uns misent tout sur la mécanique, robots, monstres de ferraille et autres joyeusetés ; les autres sur la science et les manipulations génétiques. Cela donne un univers très dépaysant, peuplé de créatures étranges, qui nous est totalement étranger et où pourtant, certaines choses nous sont familières. J'ai adoré cet aspect, même si j'ai eu un peu plus de mal à accrocher aux personnages.

Ils sont jeunes, un peu trop pour l'adulte que je suis, mais néanmoins attachants. Deryn est du genre passionnée, et son enthousiasme est communicatif, elle est agréable à suivre. En revanche, Alek m'a plus ou moins laissée de glace. Ses aventures ne m'intéressaient pas vraiment, et comme l'auteur alterne leurs deux points de vue jusqu'à ce qu'ils se rejoignent, c'était pour moi une alternance de hauts et de bas. Heureusement, il apprend de ses erreurs et devient beaucoup plus intrigant dans la seconde partie du livre. C'est en effet au moment où ils se rencontrent tous les deux que je me suis réellement sentie immergée dans l'histoire.

Si l'intrigue est riche en rebondissements, elle reste somme toute assez simple et peine quand même un peu à avancer. Ce premier tome est un tome d'introduction, certes agréable à lire par certains côtés mais un peu poussif. Il n'en reste pas moins que j'ai envie de lire la suite, ne vous y trompez pas, disons simplement que j'en espère davantage pour coller à la qualité de cet univers époustouflant.

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Nombre de pages : 433
Cycle : Léviathan, tome 1
Éditeur : Pocket
Année de parution : 2010
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥

Que ta volonté soit faite

de Maxime Chattam

Quatrième de couverture


Pour son vingtième roman, Maxime Chattam s’amuse à dresser le portrait d’une petite ville du Midwest américain des années 60 jusqu’au début des années 80, avec pour fil rouge l’évolution de Jon Petersen, un pervers psychopathe, de son enfance jusqu’au point culminant de sa sinistre carrière criminelle. Un roman noir à l’écriture et à l’atmosphère uniques dans la carrière de l’auteur, où tout converge vers un final aussi étonnant qu’imprévisible. Que ta volonté soit faite est non seulement un voyage à Carson Mills, mais aussi dans ce qui constitue l’essence même du roman policier, la vérité et le crime. On songe bien sûr à Stephen King (une bourgade à la Norman Rockwell où tout le monde connait tout le monde, un vieux shérif obstiné, le poids de la religion, les secrets de famille…) et parfois aussi à Jim Thompson.

Le sentiment d'Aristide


J'imagine que nombre de fans de Maxime Chattam ont eu du mal à reconnaître son style dans ce roman, beaucoup plus dans la psychologie que dans les descriptions hyper réalistes des abjections du Mal. Je reconnais moi même volontiers avoir été un petit peu déstabilisée par cette ressemblance finalement beaucoup plus marquée avec un autre de mes auteurs favoris, à savoir Stephen King. Lui aussi s'attache, ces dernières années, à nous parler de l'humanité, avec tous ses travers. Et ce Jon Petersen est un échantillon pour le moins atypique. Heureusement d'ailleurs…

L'histoire nous est racontée par un habitant de Carson Mills, une de ces petites bourgades américaines où tout le monde se connaît, et où pourtant, noircissent de bien tristes secrets. On découvre Jon tout petit, jeune orphelin élevé par son grand-père et ses tantes et qui, très tôt, se découvre une passion pour les mutilations d'animaux. On devine d'emblée que ce jeune homme va mal tourner, le plaisir qu'il prend à faire souffrir ces pauvres bêtes étant tout sauf bien sain. Et effectivement, il ne va pas s'arrêter là et on assiste, avec une espèce de fascination horrifiée, à la suite de son évolution vers quelque chose de bien pire.

Si l'auteur nous propose de faire la connaissance de nombreux personnages, tous intéressants et bien construits, c'est vraiment dans la tête de Jon que l'on s'attarde. Certains anti-héros sont présentés de telle manière qu'on ne peut pas faire autrement que de s'attacher à eux, mais ce n'est absolument pas le cas ici. Jon représente la quintessence du mal et à aucun moment, le doute ne plane à ce sujet. On compatit pour ses victimes, on se surprend même parfois à avoir envie de secouer les autorités, de les traiter d'imbéciles de ne pas voir ce qui se passe juste sous leur nez. Mais la perversion de Jon est telle qu'il semble intouchable, et notre frustration est à la hauteur de son triomphe.

C'est un roman vraiment glaçant, dans lequel l'auteur excelle à nous plonger dans l'ambiance de cette petite ville à l'atmosphère si particulière. Une vie rude, bien différente de celle que l'on connaît, en un lieu différent, à une époque différente. Et pourtant, on y est, le texte est extrêmement immersif et on n'a aucun mal à s'imaginer tout ça. Hommage aux romans noirs américains, Que ta volonté soit faite est tout autant surprenant que captivant ou encore horrifiant. Et quand l'auteur nous prend à témoin, le pire est peut-être bien qu'on se sent le droit de juger !

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Nombre de pages : 368
Cycle : -
Éditeur : Albin Michel
Année de parution : 2015
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Feed

de Mira Grant

Quatrième de couverture


La bonne nouvelle : nous avons survécu. La mauvaise : eux aussi.
2034. Il y a vingt ans, l'humanité a vaincu le cancer. Le rhume n’est plus qu’un mauvais souvenir. Mais elle a créé une chose terrible que personne n’a été capable d’arrêter. Une infection virale. Qui s’est propagée à une vitesse redoutable, le virus prenant le contrôle des cerveaux, avec une seule obsession : se nourrir.
Issus de cette génération sacrifiée, Georgia et Shaun Mason sont les maîtres de la blogosphère, devenue le seul média indépendant proclamant la vérité sur ce qui se passe derrière les barricades. Shaun, la tête brûlée, et Georgia, l’âme du duo, enquêtent sur l’affaire la plus importante de leur carrière : la sinistre conspiration qui se cache derrière les infectés. Et ils sont bien décidés à faire éclater la vérité, même s’ils doivent y laisser la vie.

Le sentiment d'Aristide


J’ai découvert la littérature de zombies sur le tard, pour ne pas dire que c’était hier. Je me faisais une idée assez réductrice du sujet, lequel ne me faisait, de ce fait, pas spécialement envie. Pour être claire, je crois que j’imaginais des scènes de cervelles qui sautent, de dents qui claquent et de grognements inhumains, et c’est à peu près tout. J’ai découvert que, contrairement à ce que je croyais, il y avait tout un tas d’autres thèmes à aborder, et Feed n’a fait que m’encourager dans cette voie. Attention, coup de cœur !

La première chose que j’ai aimée, c’est l’explication du pourquoi du comment du virus et de sa propagation. Sans être compliquée scientifiquement parlant, la novice que je suis a trouvé qu’elle tenait bien la route et c’était important. Et puis le fait de positionner les choses 25 ans après le début de l’épidémie était franchement une idée géniale. Le deuxième point réside dans le choix des héros : de jeunes blogueurs qui, sans se prendre au sérieux, se prennent pourtant au sérieux ! Suis-je claire ? Ils n’ont pas la grosse tête, et pourtant, le travail qu’ils font dans cette société en reconstruction, c’est celui de journaliste, et la vérité revêt pour eux une importance capitale.

« La différence entre la vérité et un mensonge ? Les deux font mal, mais un seul vous aidera à vous reconstruire après », explique Georgia.

Mais il n’y a pas que ça. L’intrigue est bien menée, à la fois originale, riche en rebondissements, en émotions aussi, et propice à la réflexion grâce aux billets de blog insérés en fin de chapitre. Certains trouveront sans doute qu’elle manque un peu de mordant, mais en ce qui me concerne, j’ai passé un très très bon moment avec ce roman que j’ai littéralement dévoré ! C’est un de ces romans intelligents qui rallie à sa cause autant les afficionados que les débutants, et avec une histoire de zombies, c’est, ma foi, un bien joli coup !

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Nombre de pages : 450
Cycle : Newflesh, tome 1
Éditeur : Bragelonne
Année de parution : 2014
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Conte automate

de Michèle Devernay

Quatrième de couverture


Cléo est mécanicienne sur une chaîne de montage, un travail pénible et dangereux. Pour s'évader du quotidien, elle passe beaucoup de temps dans une réalité virtuelle où elle a fait la connaissance d'Elie. Tout irait bien dans le meilleur des mondes si Elie n'avait pas une obsession : celle de l'épouser !

Le sentiment d'Aristide


Conte automate est une nouvelle de science-fiction, écrite en fin d'année dernière dans le cadre d'un appel à textes dont le thème était la revisite du conte de Peau d'âne. Mais j'aime autant vous prévenir tout de suite : n'espérez pas y trouver de princesse cherchant à fuir l'affection débordante d'un père et exigeant de lui des robes toujours plus extraordinaires. Vous seriez gravement déçu ! Ce texte n'a pas grand chose à voir, il faut bien le reconnaître, et entre nous, c'est tant mieux, parce que si vous voulez mon avis, Peau d'âne a fait son temps.

On suit les aventures de Cléo, mécanicienne sur une chaîne de montage, dans une société futuriste où les machines se sont largement imposées. Plutôt douée, la jeune femme se tue au travail, et lorsqu'elle rentre chez elle le soir, elle n'a qu'une envie : s'appliquer son nanopatch et plonger dans une réalité virtuelle où elle rejoint Elie, mystérieux avatar qui s'applique à lui faire découvrir la Terre telle qu'elle était trois siècles plus tôt. Elle adore ces moments-là, qui lui font oublier sa triste réalité, et Elie l'intrigue tout autant qu'il l'attire. Seulement voilà, il lui révèle bientôt une étrange obsession : celle de l'épouser, et insidieusement, Cléo commence à prendre peur.

Sans doute moins originale que Regrets mécaniques, cette nouvelle m'a pourtant paru plus accessible aux communs des mortels. Elle traite de sujets qui nous sont plus familiers : les réalités alternatives et leur poudre aux yeux ; les rencontres sur Internet, où chacun se cache derrière un avatar qui n'a bien souvent rien à voir avec ce qu'il est dans la vraie vie ; les dangers que cela génère parfois, quand on tombe sur une personne obsessionnelle. On comprend sans doute assez vite qui est Elie, mais ce n'est pas ce qui importe, car l'auteur nous entraîne avec habileté sur les pas de Cléo. La sensation de danger s'intensifie tout au long du texte, on en deviendrait presque claustrophobe par moments !

Et pourtant, curieusement, je n'avais pas envie de la plaindre. C'est un personnage que l'auteur ne nous a volontairement pas rendu sympathique. Elle est égoïste, utilise Elie pour les sensations et le bien-être qu'il lui procure, sans s'inquiéter de savoir si elle lui fait du mal au passage en entretenant ses illusions. Et même quand sa meilleure amie la prévient qu'elle joue un jeu dangereux, elle trouve encore le moyen d'en plaisanter. Le dénouement en forme de moral m'a beaucoup plu. Certaines choses m'ont surprise, d'autres pas, mais j'ai éteint ma liseuse avec le sentiment qu'il y a somme toute une justice. Un texte vraiment intéressant pour peu qu'on s'interroge sur le message qu'il véhicule. A découvrir.

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Nombre de pages : 25
Cycle : -
Éditeur : Publication en ligne
Année de parution : 2015
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥

Rébellion

de Andrea Cremer

Quatrième de couverture


Imaginez un monde où l'Empire britannique aurait écrasé la rébellion qui a donné naissance aux États-Unis d'Amérique... Dans ce XIXe siècle alternatif, Charlotte, seize ans, vit loin de ses parents, descendants des révolutionnaires américains, qui continuent la lutte contre les sous-marins et les machines volantes de Britannia. Entourée d'autres fils et filles de la rébellion, elle habite dans un réseau de grottes souterraines non loin de la ville flottante de New York, où les artisans de la Ruche et les ouvriers de la Grande Fonderie côtoient l'aristocratie des vainqueurs. Un matin, elle croise dans la forêt un garçon amnésique, poursuivi par les machines de l'Empire, et lui sauve la vie. Mais quand elle le ramène dans les Catacombes, où elle attend comme tout le petit groupe d'amis qui l'entoure de rejoindre la lutte quand elle atteindra sa majorité, l'équilibre de son existence est bouleversé : parmi ses compagnons, tous ne sont pas ce qu'ils prétendent être, et l'existence de ce mystérieux garçon fait peser sur la rébellion une terrible menace... Des décharges de métal de l'Empire, infestées de rats d'acier, aux salons opulents de la noblesse, en passant par les méandres labyrinthiques de la Guilde des inventeurs, Charlotte est contrainte de quitter son refuge pour partir explorer le vaste monde !

Le sentiment d'Aristide


Professeur d’histoire dans le Minnesota aux Etats-Unis, Andrea Cremer est aussi, depuis quelques années et suite à une mauvaise chute de cheval, créatrice d’histoires. J’ai découvert sa plume à travers le premier opus de sa saga steampunk Le secret de l’inventeur, qui se déroule dans un monde où l’Empire britannique a écrasé la rébellion qui a donné naissance aux Etats-Unis. Une uchronie donc. J’ai enfin pu l’emprunter à la bibliothèque, et cela tombait à pic pour ma première participation au challenge Mercure et Roues Crantées, organisé sur l’Imag’In Café.

J’ai immédiatement été conquise par l’univers qu’Andrea nous propose ici, extraordinaire par l’habileté avec laquelle elle mêle le XIXe siècle et des inventions qui relèvent de la science-fiction. Un univers riche et bien construit, avec de nombreuses références à des classiques comme Vingt mille lieues sous les mers par exemple. Le steampunk est présent partout, dans les décors, dans les inventions, dans d’infimes détails parsemés à droite et à gauche et qui font que l’on s’immerge très facilement, sans même s’en apercevoir.

Les personnages sont également plutôt sympas, même si on pourra regretter que l’auteur s’attache principalement à son héroïne, délaissant quelque peu la psychologie de son entourage. Charlotte est une tête brûlée, une jeune fille pleine de grands idéaux et qui ne rêve que de partir en guerre. Fondamentalement honnête, directe dans ses propos, je l’ai trouvée très attachante. Tout comme Grave d’ailleurs, un jeune garçon amnésique à l’identité mystérieuse et peut-être bien redoutable, ou encore Jack dont on s’interroge sur les motivations. Le mystère est partout, l’intrigue est menée tambour battant, et on ne s’ennuie pas une seule seconde.

Un premier tome très prometteur dont j’ai bien hâte de lire la suite, qui sort en février prochain, et s’intitule L’énigme du magicien. Un univers bien construit, des personnages attrayants, une intrigue mystérieuse et un style tout ce qu’il y a de plus fluide. Bref, un très bon moment de lecture, accessible au plus grand nombre.

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Nombre de pages : 407
Cycle : Le Secret de l'Inventeur, tome 1
Éditeur : Editions Lumen
Année de parution : 2015
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥

Battle royale

de Koushun Takami

Quatrième de couverture


Dans un pays asiatique imaginaire existe un programme gouvernemental connu sous le nom de "Battle Royale". Chaque année, une classe de 3ème est choisie au hasard, emmenée sur une île coupée du monde, et les collégiens doivent combattre entre eux jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un survivant... Ceci afin de servir d'exemple à la population, à la jeunesse particulièrement, et aussi de recueillir des statistiques sur le temps mis par le champion à éliminer ses camarades.

Le sentiment d'Aristide


C’est dans le cadre d’une lecture commune organisée sur l’Imag’In Café que j’ai lu ce roman. Sa réputation le précédait, et j’étais curieuse de voir ce que ça pouvait donner, après m’être régalée, ces dernières années, de diverses dystopies jeunesse. L’histoire se passe dans un pays totalitaire où, sous couvert de servir d’exemple à la population et d’établir des statistiques, des collégiens sont largués sur une île avec pour objectif de entre-tuer jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un seul. Ça ne vous rappelle rien ? Hunger Games, bien sûr ! Sauf que Battle royale lui est antérieur. 

Les thèmes abordés ici sont un peu les mêmes que ceux de Suzanne Collins. Il est question de propagande mensongère et de manipulation gouvernementale ; il est question de la montée de la peur, de la violence et de la perte de vos convictions lorsque votre vie est en jeu ; il est question d’amour et d’amitié, de trahison aussi. Bref, les sujets de réflexion qu'on nous propose sont multiples, presque autant que les trop nombreux personnages aux noms japonais compliqués à retenir ! Je l'avoue, j'ai eu beaucoup de mal à m'y faire, mais j'ai fini par y arriver, au moins pour les quelques personnages principaux de l'histoire.

Malheureusement, ce roman souffre de la multitude de livres qui se sont plus récemment inspirés de lui, car son propos en paraît un peu trop appuyé. Je comprends qu’il ait pu faire sensation lors de sa sortie à la fin des années 90, mais à présent, son intrigue a un peu perdu de son originalité, tout comme le message que l’auteur tente de faire passer. Non que ce soit inintéressant, mais j'avais l'impression de lire un récit déjà lu maintes fois, et c'était long, beaucoup trop long. Je suis bien consciente que c’est totalement subjectif et que l’auteur ne peut en aucun cas être blâmé pour ce ressenti. Il n'est pas responsable du temps qui passe, ni de ceux qu'il a fortement inspirés. Il n’empêche que je me suis souvent ennuyée, et que la description systématique de chacune des morts violentes de chacun des participants au jeu m’a semblé ne rien apporter d'indispensable.

Au final, le fait que je n'ai pas spécialement accroché ne m'empêche de reconnaître un bon roman. Un classique à recommander, à condition de ne pas avoir été bercé aux dystopies young adult, et d'avoir le cœur bien accroché, car certaines scènes sont quand même d'une violence dérangeante. Pour un public averti. Âmes sensibles s'abstenir.

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Nombre de pages : 830
Cycle : -
Éditeur : Editions Le Livre de Poche
Année de parution : 2008
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥

Enfermée

de Maria V. Snyder

Quatrième de couverture


Dans le monde entièrement clos où vit Trella, ce monde qu'on appelle le Cube, il n'y a ni avenir ni issue. Pas de rébellion possible, sauf à finir dans la Broyeuse. Et ceux qui voudraient lui faire croire le contraire en murmurant qu'il existe une Porte, cachée quelque part, dans les entrailles du Cube, sont juste d'immondes trafiquants d'espoir. D'ailleurs, elle veut le prouver. Voyageuse clandestine prête à affronter l'interdit, elle se lance alors dans la quête impossible : trouver la Porte...

Le sentiment d'Aristide


Enfermée est de ces romans dans lesquels on plonge à pieds joints dès les premières pages. On y suit Trella, une jeune fille des niveaux inférieurs vivant et travaillant à l’intérieur du Cube. Elle y est « gratteuse », son job consistant à veiller à l’entretien des tuyaux où elle passe le plus clair de son temps, pour le compte de ceux des niveaux supérieurs. Un travail dur, ingrat. Mais au sein de cette morosité, il existe une lueur d’espoir, la rumeur de l’existence d’une porte, qui permettrait de sortir du Cube.

Comme vous le devinez sans doute, toute l’intrigue tourne autour de l’existence de cette porte. Et après que l’auteur nous ait décrit la vie à l’intérieur du Cube, les différences sociales entre les niveaux, la propagande, l’injustice, la manière dont on se débarrasse purement et simplement des fauteurs de trouble, on comprend aisément l’importance que peut revêtir une telle porte. Et les raisons qui vont pousser Trella à y croire, à la chercher, à l’ouvrir... Maria V. Snyder maîtrise parfaitement l’art du suspens, elle distille les informations au compte-gouttes et nous mène par le bout du nez, rendant son ouvrage hyper addictif.

C’est un roman que j’ai beaucoup aimé. L’auteur ne s’embarrasse pas de détails superflus, elle laisse la part belle à son récit, et en même temps tout est parfaitement clair et crédible, de l’univers aux états d’âmes de Trella. C’est une héroïne attachante, dont on a clairement envie qu’elle s’en sorte. Le style est très fluide, ça se lit facilement, c’est plaisant. La suite n’existe malheureusement qu’en version numérique et j’avoue que je n’ai pas très bien compris pourquoi, mais une chose est sûre, j’ai très envie de la lire.

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Nombre de pages : 470
Cycle : Inside out, tome 1
Éditeur : Editions Harlequin (Darkiss)
Année de parution : 2011
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥

L'avatar

de Jacqueline Carey

Quatrième de couverture


La marque de Kushiel dans l'oeil de Phèdre nô Delaunay fait d'elle une élue, et lui vaut d'éprouver à jamais le plaisir dans la souffrance. Sur son chemin semé de dangers, elle peut compter sur le moine guerrier Joscelin. Bien que la nature de Phèdre soit une source perpétuelle de tourments pour eux deux, Joscelin lui demeure indéfectiblement fidèle. Jamais il n'a trahi son serment: protéger et servir. Mais le destin lui réserve une ultime épreuve. En effet, Phèdre n'a jamais oublié Hyacinthe, son ami d'enfance et, depuis dix ans, elle cherche en vain la clé qui le libérerait de son asservissement éternel. Car Hyacinthe a conclu un pacte avec les dieux pour se sacrifier à la place de son amie et sauver sa patrie. Aussi Phèdre saisit-elle la dernière chance qui lui est donnée de le sauver. Cette quête la conduira au bout du monde, par-delà des royaumes où règne la folie, à la merci de seigneurs de guerre déments et cruels, et face à un pouvoir si immense et terrifiant que personne n'ose en prononcer le nom...

Le sentiment d'Aristide


Dès avant même de commencer cette lecture, la nostalgie s’était emparée de moi à l’idée d’en terminer définitivement avec ce premier cycle de Jacqueline Carey. Quel crève-cœur ! Mais comme je crevais d’envie de connaître la suite et fin des aventures de Phèdre et de ses compagnons, il a pourtant bien fallu s’y mettre. On retrouve notre héroïne dix ans après la fin du tome précédent, alors qu’elle est toujours aux prises avec la promesse faite à son ami Hyacinthe, celle de trouver le moyen de le délivrer de la sombre malédiction dont il est prisonnier. Et comme si cela ne suffisait pas, la voilà qui s’encombre d’un nouveau serment, fait à sa meilleure ennemie cette fois, Mélisande en personne.

C’est avec un immense plaisir que j’ai retrouvé la plume de Jacqueline Carey, avec sa manière si particulière de décrire un monde si proche du nôtre et en même temps si différent. Dans ce troisième et dernier tome, on visite de nouvelles contrées, on découvre de nouvelles cultures, on assiste à de nouvelles manœuvres politiques, on s’attache à de nouveaux personnages, en particulier le jeune Imriel. Phèdre elle-même est un personnage à la personnalité si attachante, un personnage atypique si emblématique et inoubliable dans la littérature qu’elle va énormément me manquer à l’avenir. L’intrigue en elle-même est toujours aussi plaisante, pleine de dangers, mais aussi d’émotions. Malgré un nombre de pages important, elles se lisent presque toutes seules tant la plume de Jacqueline Carey est addictive et agréable.

Une épopée vraiment époustouflante, que ce troisième tome achève haut la main. A présent, j’ai très envie de me lancer dans le second cycle, celui qui s’attache à Imriel. Je vais tacher de me le procurer très vite !

Pour plus d'informations


Nombre de pages : 784
Cycle : Kushiel, tome 3
Éditeur : Editions Bragelonne
Année de parution : 2010
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

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