Leviathan

de Scott Westerfeld

Quatrième de couverture


1914. A l'aube de la Première Guerre mondiale. D'un côté, les darwinistes (Anglais, Français), adeptes du tout biologique et rois de la manipulation génétique. De l'autre, la civilisation ultra-mécanique, les clankers (Allemands, Autrichiens.) La guerre éclate avec l'assassinat de l'Archiduc François-Ferdinand. Alek, son fils, menacé lui-aussi de mort, prend la fuite sur un robot de combat bipède bardé de mitrailleuses. Il réussit à rejoindre la Suisse et se cache dans un vieux château en ruines. Pendant ce temps, la jeune Ecossaise Deryn Sharp, orpheline, s'habille en garçon et se fait engager dans l'Air Service (forces aériennes britanniques). Après un premier vol d'essai mouvementé aux commandes d'une méduse volante, elle rejoint l'équipage du Léviathan, sorte de baleine géante gonflée à l'hydrogène. A son bord, un chargement biologique, classé secret défense. Ils volent vers Constantinople, mais les Allemands les attaquent et le Léviathan s'écrase dans les Alpes. C'est là que Deryn, toujours déguisée en homme, fait la rencontre explosive d'Alek...

Le sentiment d'Aristide


Avant de parler du contenu, on va parler du contenant ! Ce livre nous est proposé avec une magnifique couverture à effet relief métallisé, qui illustre parfaitement l'aspect steampunk de l'histoire. Moi qui suis une fervente partisane des prêts en bibliothèque, je n'ai pas pu m'empêcher de me le procurer après lecture pour le conserver. A l'intérieur, vous découvrirez une merveilleuse carte de l'Europe et pratiquement chaque chapitre possède une illustration en noir et blanc. Bref, un objet livre comme on aimerait en voir plus souvent.

Parlons du contenu à présent. Le point fort de ce roman est très clairement son univers, une uchronie très bien construite sur la base de la Première Guerre Mondiale. Les deux camps qui s'affrontent chez Scott Westerfield le font avec des moyens bien différents. Les uns misent tout sur la mécanique, robots, monstres de ferraille et autres joyeusetés ; les autres sur la science et les manipulations génétiques. Cela donne un univers très dépaysant, peuplé de créatures étranges, qui nous est totalement étranger et où pourtant, certaines choses nous sont familières. J'ai adoré cet aspect, même si j'ai eu un peu plus de mal à accrocher aux personnages.

Ils sont jeunes, un peu trop pour l'adulte que je suis, mais néanmoins attachants. Deryn est du genre passionnée, et son enthousiasme est communicatif, elle est agréable à suivre. En revanche, Alek m'a plus ou moins laissée de glace. Ses aventures ne m'intéressaient pas vraiment, et comme l'auteur alterne leurs deux points de vue jusqu'à ce qu'ils se rejoignent, c'était pour moi une alternance de hauts et de bas. Heureusement, il apprend de ses erreurs et devient beaucoup plus intrigant dans la seconde partie du livre. C'est en effet au moment où ils se rencontrent tous les deux que je me suis réellement sentie immergée dans l'histoire.

Si l'intrigue est riche en rebondissements, elle reste somme toute assez simple et peine quand même un peu à avancer. Ce premier tome est un tome d'introduction, certes agréable à lire par certains côtés mais un peu poussif. Il n'en reste pas moins que j'ai envie de lire la suite, ne vous y trompez pas, disons simplement que j'en espère davantage pour coller à la qualité de cet univers époustouflant.

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Nombre de pages : 433
Cycle : Léviathan, tome 1
Éditeur : Pocket
Année de parution : 2010
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥

Que ta volonté soit faite

de Maxime Chattam

Quatrième de couverture


Pour son vingtième roman, Maxime Chattam s’amuse à dresser le portrait d’une petite ville du Midwest américain des années 60 jusqu’au début des années 80, avec pour fil rouge l’évolution de Jon Petersen, un pervers psychopathe, de son enfance jusqu’au point culminant de sa sinistre carrière criminelle. Un roman noir à l’écriture et à l’atmosphère uniques dans la carrière de l’auteur, où tout converge vers un final aussi étonnant qu’imprévisible. Que ta volonté soit faite est non seulement un voyage à Carson Mills, mais aussi dans ce qui constitue l’essence même du roman policier, la vérité et le crime. On songe bien sûr à Stephen King (une bourgade à la Norman Rockwell où tout le monde connait tout le monde, un vieux shérif obstiné, le poids de la religion, les secrets de famille…) et parfois aussi à Jim Thompson.

Le sentiment d'Aristide


J'imagine que nombre de fans de Maxime Chattam ont eu du mal à reconnaître son style dans ce roman, beaucoup plus dans la psychologie que dans les descriptions hyper réalistes des abjections du Mal. Je reconnais moi même volontiers avoir été un petit peu déstabilisée par cette ressemblance finalement beaucoup plus marquée avec un autre de mes auteurs favoris, à savoir Stephen King. Lui aussi s'attache, ces dernières années, à nous parler de l'humanité, avec tous ses travers. Et ce Jon Petersen est un échantillon pour le moins atypique. Heureusement d'ailleurs…

L'histoire nous est racontée par un habitant de Carson Mills, une de ces petites bourgades américaines où tout le monde se connaît, et où pourtant, noircissent de bien tristes secrets. On découvre Jon tout petit, jeune orphelin élevé par son grand-père et ses tantes et qui, très tôt, se découvre une passion pour les mutilations d'animaux. On devine d'emblée que ce jeune homme va mal tourner, le plaisir qu'il prend à faire souffrir ces pauvres bêtes étant tout sauf bien sain. Et effectivement, il ne va pas s'arrêter là et on assiste, avec une espèce de fascination horrifiée, à la suite de son évolution vers quelque chose de bien pire.

Si l'auteur nous propose de faire la connaissance de nombreux personnages, tous intéressants et bien construits, c'est vraiment dans la tête de Jon que l'on s'attarde. Certains anti-héros sont présentés de telle manière qu'on ne peut pas faire autrement que de s'attacher à eux, mais ce n'est absolument pas le cas ici. Jon représente la quintessence du mal et à aucun moment, le doute ne plane à ce sujet. On compatit pour ses victimes, on se surprend même parfois à avoir envie de secouer les autorités, de les traiter d'imbéciles de ne pas voir ce qui se passe juste sous leur nez. Mais la perversion de Jon est telle qu'il semble intouchable, et notre frustration est à la hauteur de son triomphe.

C'est un roman vraiment glaçant, dans lequel l'auteur excelle à nous plonger dans l'ambiance de cette petite ville à l'atmosphère si particulière. Une vie rude, bien différente de celle que l'on connaît, en un lieu différent, à une époque différente. Et pourtant, on y est, le texte est extrêmement immersif et on n'a aucun mal à s'imaginer tout ça. Hommage aux romans noirs américains, Que ta volonté soit faite est tout autant surprenant que captivant ou encore horrifiant. Et quand l'auteur nous prend à témoin, le pire est peut-être bien qu'on se sent le droit de juger !

Pour plus d'informations


Nombre de pages : 368
Cycle : -
Éditeur : Albin Michel
Année de parution : 2015
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

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