Silo

de Hugh Howey

Quatrième de couverture


Dans un futur postapocalyptique indéterminé, quelques milliers de survivants ont établi une société dans un silo souterrain de 144 étages. Les règles de vie sont strictes. Pour avoir le droit de faire un enfant, les couples doivent s’inscrire à une loterie. Mais les tickets de naissance des uns ne sont redistribués qu’en fonction de la mort des autres. Les citoyens qui enfreignent la loi sont envoyés en dehors du silo pour y trouver la mort au contact d’un air toxique. Ces condamnés doivent, avant de mourir, nettoyer à l’aide d’un chiffon de laine les capteurs qui retransmettent des images de mauvaise qualité du monde extérieur sur un grand écran, à l’intérieur du silo. Ces images rappellent aux survivants que ce monde est assassin. Mais certains commencent à penser que les dirigeants de cette société enfouie mentent sur ce qui se passe réellement dehors et doutent des raisons qui ont conduit ce monde à la ruine.

Le sentiment d'Aristide


Voilà un livre qui a fait couler beaucoup d’encre en tant que phénomène de l’autoédition. C’est ensuite avec lui qu’Actes Sud a lancé sa collection dédiée à l’imaginaire, Exofictons. On y suit un certain nombre de personnages qui vivent en vase clos dans un silo souterrain aux règles très strictes que certains esprits ont bien du mal à accepter. Mais leur dit-on vraiment tout à propos de ce silo ?

La première partie nous propose de découvrir les différents personnages et leurs histoires respectives. La seconde voit converger l’ensemble. L’univers, sans être d’une originalité fracassante, est vraiment bien construit et intrigant. On s’intéresse de près au fonctionnement du silo et à ses mystères. On voyage beaucoup à l’intérieur du silo, on découvre les us et coutumes de ses habitants et l’atmosphère qui règne à l’intérieur.

Les personnages sont, quant à eux, plutôt convaincants et surtout attachants. Ils sont au cœur de l’intrigue, on sent bien que Hugh Howley s’est attaché à eux et à leur évolution psychologique. Relations entre individus, conflits découlant de l’enfermement, rivalités en tous genres parsèment le récit et lui donne finalement corps. Malgré cela, ne vous y trompez pas, le suspens est omniprésent dans cette histoire.

Bref, je l’ai littéralement dévorée, sans m’ennuyer une seule seconde. Le récit est équilibré et l’intrigue se tient parfaitement. Un roman qui vous happe littéralement et vous entraîne dans les entrailles de ce silo géant !

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Nombre de pages : 740
Cycle : Silo, tome 1
Éditeur : Le Livre de Poche
Année de parution : 2016
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Je suis Pilgrim

de Terry Hayes

Quatrième de couverture


Pilgrim est le nom de code d’un homme qui n’existe pas. Il a autrefois dirigé une unité spéciale du Renseignement américain. Avant de prendre une retraite dans l’anonymat le plus total, il a écrit le livre de référence sur la criminologie et la médecine légale. Mais son passé d'agent secret va bientôt le rattraper... Une jeune femme assassinée dans un hôtel sinistre de Manhattan. Un père décapité en public sous le soleil cuisant d’Arabie saoudite. Un chercheur torturé devant un laboratoire de recherche syrien ultrasecret. Des cadavres encore fumants trouvés dans les montagnes de l’Hindu Kush. Un complot visant à commettre un effroyable crime contre l’humanité. Et un fil rouge, reliant tous ces événements, qu'un homme est résolu à suivre jusqu’au bout.

Le sentiment d'Aristide


Une chose essentielle au sujet de ce roman : ce n’est pas un thriller ! Il me semble important de lever ce malentendu, puisqu’il est souvent catégorisé comme tel sur les différentes plateformes de vente en ligne, ou encore sur les communautés consacrées aux livres. C’est un roman d’espionnage, dans lequel on suit Pilgrim, un agent américain, sur les traces d’un terroriste surnommé le Sarrasin.

Autant dire que, moi qui ne suis pas très férue d’histoires d’espions, j’ai eu un peu de mal à terminer cet ouvrage. D’autant plus que la première partie n’est pas des plus palpitantes ! L’auteur met en place différentes intrigues autour d’un meurtre dans un hôtel, du passé de Pilgrim, de celui du Sarrasin, dont on se doute bien qu’elles vont finir par converger, mais qui mettent un temps fou à converger ! C’est long, mais c’est long…

Le style est pourtant efficace, doté d’une certaine force narrative ; plusieurs passages sont vraiment très réussis et donnent à réfléchir. Cependant, on ne prend la véritable mesure de la qualité de ce récit qu’une fois qu’on l’a terminé, quand tout se combine enfin. Et comme il s’agit d’un roman de plus de 900 pages en poche, le temps paraît souvent tourner au ralenti.

Encore une fois, déçue par ce que l’on m’a vendu comme un thriller et qui n’en est absolument pas un !

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Nombre de pages : 910
Cycle : -
Éditeur : Le Livre de Poche
Année de parution : 2015
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥

Block 46

de Johana Gustawsson

Quatrième de couverture


Falkenberg. Suède. Le commissaire Bergström retrouve le cadavre nu et gelé d'une femme aux abords de la plage d'Olofsbo. Londres. Profileuse de renom, la ténébreuse Emily Roy enquête sur une série de meurtres d'enfants dont les corps sauvagement mutilés ont été abandonnés dans les bois d'Hampstead, au nord de la ville. Ils présentent les mêmes mutilations que la victime suédoise : trachée arrachée, yeux énucléés et un mystérieux Y gravé sur le bras. Etrange serial killer, qui change de type de proie et de lieu de chasse... Pourrait-il s'agir d'un tandem de sociopathes ?

Le sentiment d'Aristide


Block 46 est un de ces romans ambitieux qu’on adore ou qu’on déteste, mais qui ne laisse sûrement pas indifférent. Un thriller aux allures de polar suédois, une plongée dans l’âme d’un serial killer et en même temps, le rappel des atrocités commises pendant la Seconde Guerre Mondiale dans les camps de concentration. Un roman que l’on aborde sur la pointe des pieds en retenant son souffle.

Le récit navigue en permanence entre l’enquête de police et l’enfer des camps. Le lecteur impuissant est confronté à l’horreur de la déportation, les terribles conditions de vie des prisonniers, affamés, réduits en esclavage, humiliés et torturés quand ils ne sont pas purement tués. Et puis il y a le block 46, celui des expériences médicales… Petite fille de déporté, l’auteur s’est clairement documenté pour évoquer toutes ces horreurs avec toute la pudeur mais aussi le réalisme voulu.

En parallèle, l’enquête avance pas à pas, avec un souci du détail là encore nettement perceptible. Le récit adopte plusieurs points de vue, celui de chacune des deux enquêtrices, mais aussi celui du tueur, et les styles sont à chaque fois différents. Tout est parfaitement maîtrisé. Les personnages, surtout ce beau duo de femmes, sont intéressants et originaux. Et si le dénouement est un poil prévisible, il n’en reste pas moins que j’ai passé un excellent moment de lecture, dur, mais aussi palpitant.

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Nombre de pages : 336
Cycle : -
Éditeur : Bragelonne
Année de parution : 2015
Souvenirs de voyage : ♥ ♥ ♥ ♥

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